Évaluation d'un patient avec LDH élevé sans symptômes
Pour une patiente sans antécédents présentant un taux de LDH à 290 UI/L sans symptômes, une évaluation complète comprenant un bilan sanguin, une imagerie ciblée et des tests spécifiques en fonction des facteurs de risque est recommandée pour identifier la cause sous-jacente.
Contexte clinique
Une élévation isolée des LDH (lactate déshydrogénase) à 290 UI/L chez une patiente asymptomatique nécessite une investigation, car les LDH peuvent être un marqueur de diverses pathologies. Bien que cette élévation soit modérée, elle justifie une évaluation pour exclure des conditions potentiellement graves.
Bilan initial recommandé
Examens sanguins complémentaires
- Numération formule sanguine complète avec différentiel
- Bilan hépatique complet (ASAT, ALAT, GGT, PAL, bilirubine)
- Fonction rénale (créatinine, urée)
- Protéine C-réactive (CRP) et vitesse de sédimentation (VS)
- Ferritine sérique
- D-dimères
- Troponine et BNP/NT-proBNP (si suspicion cardiaque) 1
Examens d'imagerie
- Radiographie thoracique
- Échographie abdominale (pour évaluer le foie, la rate et rechercher d'éventuelles adénopathies)
- Scanner thoraco-abdomino-pelvien si suspicion de néoplasie 2
Évaluation ciblée selon les facteurs de risque
Si suspicion de pathologie maligne
Le National Comprehensive Cancer Network recommande de vérifier les LDH chez les patients présentant une suspicion de malignité 2. Une élévation des LDH peut être associée à:
- Lymphomes (même occultes) 3
- Tumeurs solides métastatiques
- Hémopathies malignes
Dans ces cas, envisager:
- Scanner corps entier
- Marqueurs tumoraux spécifiques selon l'orientation clinique
- Consultation hématologique ou oncologique si nécessaire
Si suspicion de pathologie cardiaque
- ECG
- Échocardiographie (si anomalies à l'ECG ou symptômes cardiaques) 1
Si suspicion de pathologie infectieuse
Interprétation des résultats
Il est important de noter que:
- L'élévation isolée des LDH n'est pas spécifique d'une pathologie particulière 5
- Le niveau d'élévation ne permet pas toujours de distinguer entre pathologies bénignes et malignes 5
- Des élévations modérées (comme 290 UI/L) peuvent être observées dans diverses conditions, y compris des situations bénignes
Points importants à considérer
- Ne pas traiter uniquement sur la base d'une élévation isolée des LDH 2
- Interpréter les résultats dans le contexte clinique global et avec d'autres résultats de laboratoire 2
- Une analyse des isoenzymes de LDH peut être utile pour préciser l'origine de l'élévation lorsque la source n'est pas claire 2, 3
- Un suivi des taux de LDH dans le temps peut être informatif, particulièrement si une pathologie maligne est diagnostiquée 2
Pièges à éviter
- Ne pas négliger une élévation modérée des LDH chez un patient asymptomatique, car elle peut être le seul signe précoce d'une pathologie occulte, notamment un lymphome 3
- Ne pas surdiagnostiquer ou surmédicaliser sur la seule base d'une élévation modérée des LDH
- Ne pas oublier les causes non malignes d'élévation des LDH (hémolyse, pathologies hépatiques, musculaires, rénales ou infectieuses) 2
En conclusion, une approche systématique et progressive est recommandée, en commençant par un bilan de base puis en orientant les investigations complémentaires selon les résultats initiaux et le contexte clinique.