Résultats des examens d'imagerie dans la puberté précoce chez la fille
L'IRM cérébrale/sellaire est l'examen d'imagerie recommandé pour le diagnostic de la puberté précoce centrale, particulièrement chez les filles de moins de 6 ans et celles présentant des symptômes neurologiques. 1
Définition et présentation clinique
La puberté précoce chez la fille est définie par l'apparition de caractères sexuels secondaires avant l'âge de 8 ans 1, 2. Elle peut être d'origine centrale (activation prématurée de l'axe hypothalamo-hypophyso-gonadique) ou périphérique. L'incidence de la puberté précoce centrale est estimée entre 1/5 000 et 1/10 000 enfants, avec un ratio fille/garçon d'environ 10:1 1.
Évaluation diagnostique
Évaluation clinique et biologique
- Évaluation du développement pubertaire (stades de Tanner)
- Mesure des taux de LH, FSH et estradiol
- Évaluation de l'âge osseux par radiographie
- Une fille présentant un développement mammaire au stade Tanner 2 avant l'âge de 8 ans doit être référée à un endocrinologue pédiatrique 1
Examens d'imagerie recommandés
IRM cérébrale/sellaire:
- Examen de choix pour diagnostiquer une puberté précoce centrale 1
- Particulièrement importante chez:
- Les filles de moins de 6 ans
- Les enfants présentant des symptômes neurologiques (céphalées, troubles visuels, convulsions)
- Permet de détecter des pathologies du système nerveux central pouvant causer la puberté précoce
Échographie pelvienne:
- Recommandée pour évaluer la taille des ovaires et de l'utérus 1
- Points importants à noter:
Utilité de l'échographie pelvienne
L'échographie pelvienne est particulièrement utile pour:
- Différencier la puberté précoce de la thélarche prématurée, des kystes ovariens fonctionnels et de l'obésité 3
- Surveiller l'efficacité du traitement par analogues de la GnRH 4, 3
- Évaluer la suppression ovarienne pendant le traitement 4
Traitement
Les analogues de la GnRH constituent le traitement standard de la puberté précoce centrale 1, 5:
- Mécanisme: désensibilisation des gonadotropes, réduction de la libération de LH et arrêt de la stimulation ovarienne
- Formulations disponibles:
- Acétate de leuprolide intramusculaire
- Pamoate de triptoréline intramusculaire
- Acétate de leuprolide sous-cutané
- Implant d'acétate d'histréline
Suivi et surveillance du traitement
L'échographie pelvienne est un outil valide pour surveiller la suppression ovarienne pendant le traitement 4, 3:
- Diminution significative des paramètres utérins et ovariens après 3 mois de traitement 4
- Disparition de l'écho endométrial (présent chez 80% des filles avant traitement, chez aucune à la fin du traitement) 4
- Les paramètres utérins et l'absence d'écho endométrial sont de meilleurs indicateurs de suppression adéquate que les paramètres ovariens 4
Points importants à considérer
- La vitesse de croissance peut aider à différencier la puberté précoce centrale de la thélarche prématurée chez les filles de 6 à 8 ans (seuil de 7,0 cm/an avec une sensibilité de 92% et une spécificité de 58%) 6
- Bien que la fréquence des lésions intracrâniennes cliniquement pertinentes soit faible chez les filles asymptomatiques de 6 à 8 ans, l'IRM cérébrale reste recommandée en raison de la possibilité de lésions sans signes ou symptômes évidents 6
- L'intervention précoce est cruciale pour optimiser la taille finale et prévenir les problèmes psychosociaux 1
Pièges à éviter
- Ne pas se fier uniquement aux mesures échographiques pour le diagnostic de puberté précoce centrale en raison du chevauchement avec les valeurs normales 2, 3
- Ne pas négliger l'IRM cérébrale même chez les filles asymptomatiques de 6 à 8 ans, car des pathologies intracrâniennes peuvent être présentes sans symptômes évidents 6
- Ne pas retarder le traitement une fois la décision prise, car cela pourrait compromettre le potentiel de croissance 1