Sevrage de la trazodone doit être fait lentement
Le sevrage de la trazodone doit être effectué progressivement pour minimiser les symptômes de sevrage, avec une réduction de 10% de la dose initiale par semaine comme point de départ raisonnable. 1, 2
Pourquoi un sevrage progressif est nécessaire
La trazodone, comme d'autres médicaments psychotropes, peut provoquer un syndrome de sevrage lorsqu'elle est arrêtée brusquement. Selon la monographie officielle du médicament, l'arrêt brutal peut entraîner les symptômes suivants 1:
- Nausées et transpiration
- Humeur dysphorique
- Irritabilité et agitation
- Étourdissements
- Troubles sensoriels (paresthésies, sensations de choc électrique)
- Tremblements et anxiété
- Confusion et maux de tête
- Léthargie et labilité émotionnelle
- Insomnie et hypomanie
- Acouphènes et convulsions
Protocole de sevrage recommandé
Les directives médicales recommandent 2:
- Réduction initiale: Commencer par une réduction de 10-25% de la dose la plus récente
- Rythme de réduction: Prévoir 2-4 semaines entre chaque réduction de dose
- Ajustement pour doses faibles: Ralentir le sevrage à des réductions de 5-10% aux doses plus basses
- Durée du traitement:
- Pour les patients sous trazodone depuis moins d'un an: sevrage sur 2-4 semaines
- Pour les patients sous trazodone depuis plus d'un an: sevrage plus progressif de 10% par mois ou plus lent
Des études de cas ont démontré que même avec une diminution progressive, des symptômes de sevrage peuvent survenir, suggérant que la trazodone devrait être réduite très lentement 3. Ceci est probablement lié aux effets de la trazodone et de son métabolite m-chlorophénylpipérazine sur le système sérotoninergique.
Surveillance pendant le sevrage
Un suivi hebdomadaire est recommandé pour surveiller 2:
- Les symptômes de sevrage
- Les changements d'humeur, d'anxiété ou d'idées suicidaires
- L'adhérence au calendrier de sevrage
Gestion des symptômes de sevrage
Si des symptômes de sevrage cliniquement significatifs apparaissent, il est recommandé de ralentir ou de suspendre temporairement la réduction de dose et de la reprendre lorsque le patient est prêt 2, 4.
Pour gérer les symptômes de sevrage, on peut utiliser 2:
- La trazodone elle-même à dose plus faible pour l'insomnie pendant le sevrage
- Des α2-agonistes comme la clonidine pour atténuer les symptômes de sevrage
- La gabapentine pour atténuer l'anxiété, l'insomnie et l'irritabilité
- Le lopéramide pour l'inconfort gastro-intestinal (avec prudence)
- Le propranolol pour les symptômes autonomes
Populations particulières
Une attention particulière doit être portée aux:
- Personnes âgées: approche plus progressive pour minimiser les risques
- Patients avec antécédents d'abus de substances: évaluation régulière des signes de mésusage
- Femmes enceintes: consulter un spécialiste avant le sevrage en raison des risques pour la mère et le fœtus
Conclusion
La trazodone doit être arrêtée progressivement plutôt que brusquement, avec une diminution de dose adaptée à la durée du traitement et à la réponse individuelle du patient. Un suivi régulier est essentiel pour gérer efficacement les symptômes de sevrage potentiels.