Investigations et Traitements de l'Alopécie chez la Femme Ménopausée
L'alopécie chez la femme ménopausée nécessite un diagnostic précis et une approche thérapeutique ciblée, avec des traitements adaptés selon le type d'alopécie identifié.
Diagnostic et Investigations
Types d'alopécie fréquents chez la femme ménopausée
- L'alopécie androgénétique (AAG) est la cause la plus fréquente, touchant jusqu'à 50% des femmes ménopausées, caractérisée par une perte de cheveux au niveau de la couronne et une récession de la ligne frontale et bitemporale 1
- L'alopécie areata, caractérisée par des plaques d'alopécie bien délimitées 2
- L'effluvium télogène, souvent lié à un stress physiologique 3
- Les alopécies cicatricielles, plus rares mais importantes à identifier 2
Examens diagnostiques recommandés
- L'examen clinique est généralement suffisant pour établir le diagnostic dans la majorité des cas 4
- La dermoscopie peut aider au diagnostic différentiel, notamment pour l'alopécie areata où l'on observe des points jaunes réguliers et des cheveux dystrophiques 2
- En cas de doute diagnostique, des examens complémentaires peuvent être nécessaires:
- Bilan sanguin: hémogramme complet, TSH, ferritine, prolactine, testostérone libre/totale, sulfate de déhydroépiandrostérone 1
- Biopsie cutanée en cas de suspicion d'alopécie cicatricielle ou de diagnostic incertain 2, 4
- Culture fongique si suspicion de teigne du cuir chevelu 2
- Sérologie pour le lupus érythémateux ou la syphilis si cliniquement indiqué 2
Traitements
Alopécie androgénétique (la plus fréquente chez la femme ménopausée)
- Le minoxidil topique est le traitement de première ligne pour l'alopécie androgénétique chez la femme 5, 3
- Les inhibiteurs de la 5α-réductase comme le finastéride peuvent être envisagés dans certains cas, bien que leur utilisation soit plus controversée chez la femme que chez l'homme 1
- Des traitements naturels montrent des résultats prometteurs:
Alopécie areata
- Les corticostéroïdes intralésionnels sont efficaces pour les plaques localisées 2
- Les corticostéroïdes topiques puissants sont largement utilisés mais leur efficacité est limitée 2
- Pour les cas plus étendus, les immunosuppresseurs oraux peuvent être nécessaires 3
- Dans certains cas, l'absence de traitement est une option légitime, car une rémission spontanée survient dans jusqu'à 80% des cas avec une perte de cheveux limitée et de courte durée (<1 an) 2
Alopécie liée aux traitements endocriniens (pour les femmes sous hormonothérapie)
- L'alopécie induite par les inhibiteurs de l'aromatase est caractérisée par une alopécie de grade 1, principalement sur la couronne du cuir chevelu 2
- Elle se développe généralement entre 6 et 18 mois après le début du traitement 2
- Exclure d'autres causes par des tests de laboratoire (fonction thyroïdienne, ferritine, vitamine D, zinc) 2
Considérations psychologiques
- L'impact psychologique de l'alopécie peut être dévastateur et affecter significativement la qualité de vie 5
- Une évaluation des effets psychologiques doit être intégrée à la prise en charge 5
- Le soutien psychologique et la mise en contact avec des groupes de soutien peuvent être bénéfiques 2
Points importants à considérer
- L'alopécie chez la femme ménopausée est souvent multifactorielle, impliquant des déséquilibres hormonaux, l'inflammation, des carences nutritionnelles et le stress oxydatif 6
- Les carences nutritionnelles, notamment en fer, vitamine D et minéraux essentiels, jouent un rôle important dans la perte de cheveux 6
- Éviter la supplémentation excessive, notamment en biotine, en raison des interférences potentielles avec les tests diagnostiques 6
- La réponse au traitement peut être lente, et les attentes doivent être gérées de manière réaliste 3