Efficacité de l'Effexor (venlafaxine) pour le traitement de la douleur chronique
La venlafaxine (Effexor) montre une efficacité modérée dans le traitement de certains types de douleurs neuropathiques, mais n'est pas recommandée en première intention pour la plupart des douleurs chroniques. La venlafaxine est efficace principalement pour les douleurs neuropathiques diabétiques et les polyneuropathies douloureuses d'origines diverses, mais pas pour les névralgies post-herpétiques. 1
Efficacité selon le type de douleur neuropathique
- La venlafaxine a démontré son efficacité dans la neuropathie diabétique douloureuse et les polyneuropathies douloureuses d'origines diverses, mais pas dans les névralgies post-herpétiques 1
- Une étude de haute qualité soutient l'utilisation de la venlafaxine dans le traitement de la douleur neuropathique diabétique 1
- Les données probantes sont insuffisantes pour recommander la venlafaxine dans le traitement des douleurs neuropathiques associées au VIH 1
Posologie et titration
- La dose efficace de venlafaxine pour la douleur neuropathique se situe généralement entre 150 et 225 mg/jour 1
- Il faut généralement 2 à 4 semaines pour atteindre une dose efficace 1
- La venlafaxine est disponible en préparations à libération immédiate et prolongée 1
- Commencer à 37,5 mg une ou deux fois par jour et augmenter de 75 mg chaque semaine jusqu'à atteindre la dose efficace 1
- Une durée d'essai adéquate est de 4 à 6 semaines 1
Précautions et effets indésirables
- Des anomalies de conduction cardiaque ont été rapportées chez un petit nombre de patients, et des augmentations de la pression artérielle peuvent survenir 1
- La venlafaxine doit être prescrite avec prudence chez les patients souffrant de maladies cardiaques 1
- Un syndrome de sevrage a été décrit; la venlafaxine doit donc être diminuée progressivement lorsque le traitement est arrêté 1
- Les effets indésirables courants comprennent la somnolence, les étourdissements et les problèmes gastro-intestinaux légers 2
Comparaison avec d'autres traitements
- Les lignes directrices actuelles recommandent généralement les anticonvulsivants (gabapentine, prégabaline) ou les antidépresseurs tricycliques comme traitement de première intention pour la douleur neuropathique 1
- La duloxétine, un autre IRSN, a montré une efficacité plus constante dans la neuropathie diabétique douloureuse 1
- La venlafaxine peut être considérée comme une alternative lorsque les médicaments de première intention échouent ou sont contre-indiqués 1
- Pour les douleurs neuropathiques périphériques, les agents topiques peuvent également être envisagés 1
Algorithme de traitement pour la douleur neuropathique
- Commencer par un anticonvulsivant (gabapentine ou prégabaline) ou un antidépresseur (amitriptyline ou duloxétine) 1
- Si le soulagement de la douleur est insuffisant après un essai adéquat, ajouter un médicament d'une autre classe de première ligne 1
- Si les essais de médicaments de première ligne échouent, envisager la venlafaxine comme option de deuxième ligne 1
- Dose initiale: 37,5 mg une ou deux fois par jour, augmenter progressivement jusqu'à 150-225 mg/jour 1
- Évaluer l'efficacité après 4-6 semaines de traitement à dose optimale 1
- Surveiller les effets cardiovasculaires, particulièrement chez les patients ayant des antécédents cardiaques 1
Considérations particulières
- La venlafaxine semble être mieux tolérée que les antidépresseurs tricycliques, car elle n'affecte pas les récepteurs muscariniques-cholinergiques, histaminiques ou alpha1-adrénergiques 3
- Des études supplémentaires de haute qualité sont nécessaires pour confirmer l'efficacité de la venlafaxine dans diverses conditions de douleur chronique 2, 4
- Une revue systématique Cochrane a trouvé peu de preuves convaincantes pour soutenir l'utilisation de la venlafaxine dans la douleur neuropathique, notant que les études disponibles présentaient des limitations méthodologiques importantes 2
En résumé, bien que la venlafaxine puisse offrir un soulagement pour certains types de douleurs neuropathiques, particulièrement la neuropathie diabétique, elle n'est généralement pas recommandée comme traitement de première intention pour la douleur chronique. Son utilisation devrait être envisagée après l'échec des traitements de première ligne ou lorsque ceux-ci sont contre-indiqués.