Prise en charge thérapeutique d'une toux laryngo-trachéale à prédominance nocturne
Pour la toux laryngo-trachéale à prédominance nocturne, les antihistaminiques sédatifs de première génération représentent le traitement de première intention le plus approprié en raison de leur effet suppresseur de la toux et de leurs propriétés sédatives qui sont particulièrement adaptées à la toux nocturne. 1
Traitement de première ligne
Les antihistaminiques sédatifs de première génération sont particulièrement efficaces pour la toux nocturne car ils combinent un effet suppresseur de la toux avec des propriétés sédatives qui favorisent le sommeil 1, 2
Le dextrométhorphane à dose optimale (60 mg) peut être utilisé comme alternative non sédative avec un effet suppresseur prolongé sur le réflexe de la toux 1, 2
L'inhalation de menthol peut procurer un soulagement rapide mais de courte durée du réflexe de la toux et peut être prescrite sous forme de cristaux de menthol ou de capsules propriétaires 1, 3
Les remèdes simples comme le miel et le citron peuvent être aussi efficaces que certains traitements pharmacologiques et devraient être considérés en première intention 2, 3
Traitements à éviter
La codéine et la pholcodine n'ont pas une efficacité supérieure au dextrométhorphane mais présentent un profil d'effets indésirables beaucoup plus important et ne sont donc pas recommandées 1, 2
Les antibiotiques ne sont pas recommandés pour la toux non productive d'origine virale 3
Les expectorants, mucolytiques et bronchodilatateurs ne sont pas recommandés pour la toux aiguë non productive 3
Considérations spéciales
Pour les paroxysmes sévères de toux post-infectieuse, envisager la prednisone 30-40 mg par jour pour une courte période 2
L'ipratropium inhalé peut être essayé avant les antitussifs centraux pour la toux post-infectieuse 2
Si la toux persiste malgré un traitement optimal, rechercher d'autres causes potentielles comme le reflux gastro-œsophagien, l'asthme, ou le syndrome d'apnée obstructive du sommeil 4
Une étude a montré que la toux nocturne chronique peut être liée au syndrome d'apnée obstructive du sommeil et que le traitement par pression positive continue (PPC) peut être efficace dans ces cas 4
Algorithme pratique de prise en charge
Commencer par des mesures non pharmacologiques (miel et citron, hydratation adéquate) 2, 3
Pour la toux nocturne persistante, prescrire un antihistaminique sédatif de première génération 1
Si insuffisant, ajouter du dextrométhorphane à dose optimale (60 mg) 1, 2
Pour un soulagement rapide mais temporaire, recommander l'inhalation de menthol 1, 3
En cas d'échec, rechercher des causes sous-jacentes potentielles (reflux gastro-œsophagien, asthme, syndrome d'apnée du sommeil) 1, 4
Pour les cas réfractaires, envisager une consultation spécialisée (pneumologue ou ORL) 5
Points de vigilance
La toux laryngo-trachéale peut être exacerbée par des facteurs environnementaux et des polluants qu'il convient d'identifier et d'éviter 1
L'absence de toux nocturne ne doit pas être utilisée pour suggérer la présence d'une toux psychogène ou d'une toux causée par un reflux gastro-œsophagien, car la toux causée par diverses maladies est peu susceptible de se produire une fois que les patients s'endorment 1
La suppression volontaire de la toux par modulation centrale peut être suffisante pour réduire la fréquence de la toux chez certains patients 2
Chez les fumeurs, le sevrage tabagique doit être fortement recommandé car le tabac aggrave les symptômes de la toux 3