Traitement des infections bactériennes urogénitales cutanées
Le traitement des infections bactériennes urogénitales cutanées doit être adapté selon le pathogène spécifique, avec une antibiothérapie ciblée pour les agents pathogènes les plus fréquents comme les Enterobacterales, Chlamydia trachomatis et Neisseria gonorrhoeae. 1
Pathogènes fréquents des infections urogénitales
- Les infections urogénitales sont principalement causées par la migration des pathogènes de l'urètre ou de la vessie 1
- Les bactéries les plus fréquemment isolées sont les Enterobacterales (comme Escherichia coli), Chlamydia trachomatis et Neisseria gonorrhoeae 1, 2
- Chlamydia trachomatis est l'agent pathogène bactérien sexuellement transmissible le plus fréquent dans les pays développés 3
Traitement des infections urogénitales selon le pathogène
Infection gonococcique (Neisseria gonorrhoeae)
- Traitement recommandé: Ceftriaxone 1 g IM ou IV en dose unique plus Azithromycine 1 g par voie orale en dose unique 1
- Alternative en cas d'allergie aux céphalosporines: Gentamicine 240 mg IM en dose unique plus Azithromycine 2 g par voie orale en dose unique 1
Infection à Chlamydia trachomatis
- Traitement de première intention: Doxycycline 100 mg deux fois par jour pendant 7 jours 1, 3
- Alternative: Azithromycine 1,0-1,5 g par voie orale en dose unique 1, 3
- Contre-indications pour les tétracyclines: enfants de moins de 8 ans, grossesse et allaitement 3
Infection à Mycoplasma genitalium
- Traitement recommandé: Azithromycine 500 mg par voie orale le premier jour 1
- En cas de résistance aux macrolides: Moxifloxacine 400 mg une fois par jour pendant 7-14 jours 1
Infection à Ureaplasma urealyticum
- Traitement recommandé: Doxycycline 100 mg deux fois par jour pendant 7 jours 1
- Alternative: Azithromycine 1,0-1,5 g par voie orale en dose unique 1
Infection à Trichomonas vaginalis
- Traitement recommandé: Métronidazole/Tinidazole 2 g par voie orale en dose unique 1
- Alternative: Métronidazole 500 mg par voie orale deux fois par jour pendant 7 jours 1
Infections des voies urinaires dues aux Enterobacterales
- Pour les infections non compliquées: Nitrofurantoïne (5 jours), fosfomycine trométhamine (dose unique de 3 g), ou pivmécillinam (5 jours) 2
- Pour les infections résistantes aux antibiotiques: Triméthoprime-sulfaméthoxazole pour les souches sensibles d'Escherichia coli, Klebsiella species, Enterobacter species, Morganella morganii, Proteus mirabilis et Proteus vulgaris 4, 2
Soins de la peau et des muqueuses urogénitales
- Examen quotidien des zones urogénitales pendant la phase aiguë de l'infection 1, 5
- Application d'un émollient gras (paraffine blanche) sur la peau et les muqueuses urogénitales toutes les 2-4 heures pendant la phase aiguë 1, 5
- Utilisation d'une pommade corticostéroïde topique puissante une fois par jour sur les surfaces génitales touchées mais non érodées 1, 5
- Utilisation d'un pansement en silicone (ex: Mepitel) sur les zones érodées 1, 5
Considérations particulières
- L'utilisation de probiotiques en complément des antibiotiques peut aider à réduire les effets indésirables des antibiotiques et à augmenter l'efficacité du traitement 6, 7
- La sélection d'antibiotiques doit être basée sur le niveau local de résistance des uropathogènes 8
- Il faut éviter la prescription de fluoroquinolones comme traitement empirique pour les infections urogénitales en raison de l'augmentation des résistances 2, 8
- Le cathétérisme peut être nécessaire pour réduire la douleur lors de la miction et pour l'évaluation de l'équilibre hydrique 1, 5
Suivi et complications
- Les érosions muqueuses peuvent persister pendant plusieurs semaines après la résolution de la phase aiguë 5
- Une surveillance continue est nécessaire pour détecter les complications telles que la sténose et les synéchies 5
- Une évaluation à long terme de la fonction sexuelle et urinaire est recommandée 5
- Les infections secondaires par des bactéries ou des champignons sont des complications fréquentes nécessitant un traitement spécifique 5
En conclusion, le traitement des infections bactériennes urogénitales cutanées nécessite une approche ciblée basée sur l'identification du pathogène responsable et l'utilisation d'antibiotiques appropriés, tout en prenant soin de la peau et des muqueuses affectées pour prévenir les complications à long terme.