Inhibiteurs SGLT2 et Fibrillation Auriculaire
Les inhibiteurs SGLT2 sont recommandés pour les patients souffrant d'insuffisance cardiaque et de fibrillation auriculaire, indépendamment de la fraction d'éjection ventriculaire gauche, afin de réduire le risque d'hospitalisation pour insuffisance cardiaque et de décès cardiovasculaire. 1
Rôle des inhibiteurs SGLT2 dans la prise en charge de la fibrillation auriculaire
Bénéfices cardiovasculaires établis
- Les inhibiteurs SGLT2 sont fortement recommandés (recommandation de classe I, niveau de preuve A) pour les patients atteints d'insuffisance cardiaque et de fibrillation auriculaire, quel que soit le niveau de fraction d'éjection ventriculaire gauche 1
- Ces médicaments réduisent significativement le risque d'hospitalisation pour insuffisance cardiaque et de décès cardiovasculaire chez les patients atteints de fibrillation auriculaire 1, 2
- L'utilisation des inhibiteurs SGLT2 est associée à une réduction de 19,33% des événements indésirables graves de fibrillation auriculaire/flutter auriculaire par rapport au placebo 3
Prévention de la fibrillation auriculaire
- Les données concernant la prévention primaire de la fibrillation auriculaire avec les inhibiteurs SGLT2 sont mitigées:
- Une méta-analyse a montré une tendance favorable mais non significative à la réduction du risque de fibrillation auriculaire (RR 0,90, IC 95% 0,80-1,01) 4
- Une autre méta-analyse a démontré une réduction significative du risque de fibrillation auriculaire incidente avec les inhibiteurs SGLT2 (odds ratio = 0,82; IC 95% 0,72-0,93; P = 0,002) 5
- La dapagliflozine semble avoir l'effet préventif le plus marqué sur la fibrillation auriculaire parmi les inhibiteurs SGLT2 (RR 0,73; IC 95% 0,59-0,89; P = 0,002) 3
Mécanismes potentiels
- Les inhibiteurs SGLT2 peuvent exercer des effets antiarythmiques par plusieurs mécanismes:
Recommandations pratiques
Pour les patients avec fibrillation auriculaire et insuffisance cardiaque
- L'utilisation des inhibiteurs SGLT2 est fortement recommandée pour réduire les hospitalisations pour insuffisance cardiaque et la mortalité cardiovasculaire 1
- Ces bénéfices sont observés indépendamment de la fraction d'éjection ventriculaire gauche 1
- Le traitement par inhibiteurs SGLT2 s'intègre dans une approche globale de prise en charge des comorbidités associées à la fibrillation auriculaire 1
Pour les patients avec fibrillation auriculaire et diabète
- Un contrôle glycémique efficace est recommandé dans le cadre d'une gestion globale des facteurs de risque chez les personnes atteintes de diabète et de fibrillation auriculaire, afin de réduire la charge, la récurrence et la progression de la fibrillation auriculaire 1
- La metformine ou les inhibiteurs SGLT2 doivent être envisagés pour les personnes nécessitant une prise en charge pharmacologique du diabète sucré afin de prévenir la fibrillation auriculaire 1
Pour les patients avec fibrillation auriculaire et maladie rénale chronique
- Les inhibiteurs SGLT2 sont recommandés pour ralentir la progression de la néphropathie diabétique 1
- Ces médicaments peuvent être utilisés jusqu'à un DFGe ≥20 mL/min/1,73 m² pour réduire la progression de la maladie rénale chronique et les événements cardiovasculaires 1
Points d'attention et précautions
- L'efficacité des inhibiteurs SGLT2 diminue avec la baisse du DFGe, mais les bénéfices cardiovasculaires et rénaux persistent même à des niveaux de fonction rénale réduits 1
- Les effets indésirables courants incluent un risque accru d'infections mycotiques génitales et d'infections des voies urinaires 2
- La prise en charge de la fibrillation auriculaire nécessite une approche globale incluant l'anticoagulation pour les patients à risque thromboembolique élevé et le contrôle du rythme ou de la fréquence selon les symptômes 1
En conclusion, les inhibiteurs SGLT2 représentent une option thérapeutique importante pour les patients atteints de fibrillation auriculaire, particulièrement ceux avec insuffisance cardiaque concomitante, offrant des bénéfices significatifs en termes de réduction des hospitalisations pour insuffisance cardiaque et de mortalité cardiovasculaire.