Risques de l'escitalopram (Cipralex) pendant la grossesse
L'utilisation d'escitalopram (Cipralex) pendant la grossesse présente des risques limités pour les malformations congénitales majeures, mais peut entraîner des complications néonatales si utilisé au troisième trimestre, notamment l'hypertension pulmonaire persistante du nouveau-né et le syndrome d'adaptation néonatale.
Risques principaux pour le fœtus et le nouveau-né
- Les données épidémiologiques disponibles n'ont pas établi de risque accru de malformations congénitales majeures ou de fausse couche avec l'escitalopram pendant la grossesse 1
- L'exposition aux ISRS (dont l'escitalopram) en fin de grossesse peut augmenter le risque d'hypertension pulmonaire persistante du nouveau-né (HPPN) 1
- Les nouveau-nés exposés aux ISRS au troisième trimestre peuvent développer des complications nécessitant une hospitalisation prolongée, une assistance respiratoire et une alimentation par sonde 1
- Les symptômes d'adaptation néonatale peuvent inclure : détresse respiratoire, cyanose, apnée, convulsions, instabilité de la température, difficultés d'alimentation, vomissements, hypoglycémie, hypotonie, hypertonie, hyperréflexie, tremblements, agitation, irritabilité et pleurs constants 2
- Ces symptômes apparaissent généralement dans les heures ou jours suivant la naissance et se résolvent habituellement en 1 à 2 semaines 2
Balance bénéfices-risques
- Il existe des risques associés à la dépression non traitée pendant la grossesse, notamment un risque accru de rechute 1
- Les femmes qui arrêtent les antidépresseurs sont plus susceptibles de connaître une rechute de dépression majeure que celles qui continuent leur traitement 1
- La décision de continuer ou d'arrêter le traitement doit tenir compte du risque de dépression non traitée par rapport aux risques potentiels pour le fœtus 1
Recommandations de surveillance et de prise en charge
- Les femmes enceintes sous escitalopram devraient être encouragées à s'inscrire au registre national de grossesse pour les antidépresseurs 1
- Une surveillance étroite du nouveau-né est nécessaire après l'accouchement, particulièrement si la mère a pris l'escitalopram au troisième trimestre 1
- Les femmes qui allaitent doivent surveiller leur nourrisson pour détecter tout signe de sédation excessive, d'agitation, d'irritabilité, de difficultés d'alimentation ou de prise de poids insuffisante 1
- L'arrêt brutal de l'escitalopram pendant la grossesse n'est pas recommandé en raison du risque de symptômes de sevrage et de rechute de la dépression 1
Considérations particulières
- Le risque de fond de malformations congénitales majeures dans la population générale est de 2 à 4%, et celui de fausse couche est de 15 à 20% 1
- Les études sur les animaux ont montré des effets indésirables sur le développement embryonnaire/fœtal et postnatal à des doses supérieures aux doses thérapeutiques humaines 1
- Certaines études ont rapporté un risque relatif de 4,2 (IC 95% 1,71-10,26) d'admission en soins spéciaux pour les nouveau-nés exposés au citalopram (molécule proche de l'escitalopram) près du terme par rapport aux nourrissons non exposés 3
Alternatives thérapeutiques
- Pour les femmes souffrant de nausées et vomissements graves pendant la grossesse, d'autres médicaments comme la métoclopramide ou l'ondansétron peuvent être envisagés en cas de besoin 2
- Pour les femmes souffrant d'hypertension pendant la grossesse, des alternatives comme le labétalol, l'hydralazine, ou la nifédipine peuvent être utilisées selon les recommandations 2, 4
En conclusion, la décision d'utiliser l'escitalopram pendant la grossesse doit être prise après une évaluation soigneuse des risques et des bénéfices, en tenant compte de la gravité de la dépression maternelle et des risques potentiels pour le fœtus et le nouveau-né.