Prise en charge de la pancréatite aiguë avec lipase élevée et infiltration péripancréatique
La pancréatite aiguë avec lipase élevée à 100 UI/L et légère infiltration péripancréatique nécessite une hospitalisation immédiate, une réhydratation intraveineuse agressive, et une analgésie adaptée pour contrôler les douleurs intenses. 1
Diagnostic
- Le diagnostic de pancréatite aiguë repose sur la présence d'au moins deux des trois critères suivants: douleurs abdominales hautes, élévation de la lipase/amylase sérique (>3 fois la limite supérieure normale), et imagerie abdominale compatible 1
- La lipase est préférable à l'amylase pour le diagnostic en raison de sa meilleure sensibilité (79% vs 72%) et de sa fenêtre diagnostique plus large (8-14 jours vs 3-7 jours) 1, 2
- Une élévation de la lipase à 100 UI/L (si <3 fois la normale) peut tout de même indiquer une pancréatite aiguë, mais avec une spécificité moindre 2, 3
- Une échographie abdominale doit être réalisée chez tous les patients pour rechercher des calculs biliaires, du liquide péritonéal libre ou une dilatation des voies biliaires 1, 2
- Un scanner abdominal avec injection de produit de contraste est indiqué si les résultats cliniques et biochimiques sont non concluants, en cas de maladie grave prédite (score APACHE II >8), ou en présence d'une défaillance d'organe dans les 72 premières heures 1, 2
Évaluation de la sévérité
- Stratifier la sévérité en utilisant l'évaluation clinique, les valeurs de laboratoire et les systèmes de notation (APACHE II préféré avec un seuil de 8) 1
- Les facteurs prédictifs de complications incluent l'impression clinique de gravité, l'obésité, le score APACHE II dans les 24 premières heures d'admission, la CRP >150 mg/L, un score de Glasgow ≥3, ou une défaillance d'organe persistante après 48 heures d'hospitalisation 1
- Un hématocrite >44% représente un facteur de risque indépendant de nécrose pancréatique 1
- Une urée >20 mg/dL représente un prédicteur indépendant de mortalité 1
Traitement
- Réhydratation intraveineuse agressive (première mesure thérapeutique essentielle) 1
- Analgésie adaptée pour contrôler les douleurs intenses, généralement avec des opioïdes 1, 4
- Mise à jeun initiale avec reprise progressive de l'alimentation orale dès que possible 1, 4
- En cas de nécessité de support nutritionnel, privilégier la voie entérale si elle peut être tolérée 1
- La voie nasogastrique pour l'alimentation peut être utilisée car elle semble efficace dans 80% des cas 1
Étiologie et examens complémentaires
- Rechercher systématiquement les causes les plus fréquentes: lithiase biliaire (échographie), alcool (anamnèse) 1
- En l'absence de calculs biliaires ou d'antécédents significatifs de consommation d'alcool, mesurer les taux sériques de triglycérides et de calcium 1, 2
- Des taux de triglycérides >11,3 mmol/L (>1000 mg/dL) indiquent une hypertriglycéridémie comme étiologie 1, 4
- Si l'échographie ne montre pas de calculs biliaires et en l'absence de cholangite et/ou d'anomalies des tests hépatiques suggérant une obstruction biliaire, envisager une CPRM ou une échoendoscopie pour rechercher une lithiase biliaire occulte 1
Surveillance et suivi
- Effectuer des examens cliniques en série comme partie importante du suivi 2
- Envisager un scanner de contrôle dans les 12-24 heures chez les patients avec une forte suspicion clinique mais une imagerie initiale négative 2
- Surveiller les complications telles que la formation de pseudokystes, en particulier en cas d'élévation persistante de la lipase après 10 jours 2, 5
- Une diminution des taux de lipase corrèle avec une prise en charge réussie 2
Points importants à retenir
- Une élévation de la lipase <3 fois la normale n'exclut pas une maladie grave, car la sévérité de la pancréatite aiguë est indépendante du degré d'élévation enzymatique 2, 6
- Aucun test de laboratoire, y compris les mesures sériées de lipase, n'est systématiquement précis pour prédire la gravité chez les patients atteints de pancréatite aiguë 1, 2
- Les scanners précoces (dans les 72 heures suivant le début de la maladie) pourraient sous-estimer l'étendue de la nécrose pancréatique 1, 2