Conduite à tenir en cas de taux de testostérone initialement bas suivi d'un taux normal lors d'un contrôle
Si un patient présente un taux de testostérone initialement bas suivi d'un taux normal lors d'un deuxième bilan, un troisième test doit être effectué pour confirmer le diagnostic, car le diagnostic de déficience en testostérone nécessite deux mesures matinales séparées montrant des taux inférieurs à 300 ng/dL. 1
Critères diagnostiques de la déficience en testostérone
- Le diagnostic de déficience en testostérone nécessite deux mesures matinales séparées de testostérone totale inférieures à 300 ng/dL 1
- Les mesures doivent être effectuées tôt le matin (entre 8h et 10h) en raison des variations diurnes de la production de testostérone 2
- Le diagnostic clinique n'est établi que lorsque les patients présentent à la fois des taux bas de testostérone totale ET des symptômes/signes associés 1
Algorithme de prise en charge après des résultats discordants
Si le premier test montre un taux bas mais que le deuxième est normal:
Si deux tests sur trois sont normaux et que les symptômes sont minimes:
- Aucun traitement n'est indiqué, mais une surveillance peut être envisagée 1
Si deux tests sur trois sont bas et que des symptômes sont présents:
- Poursuivre l'évaluation avec des tests complémentaires 1
Tests complémentaires à considérer
- Mesurer les niveaux d'hormone lutéinisante (LH) pour établir l'étiologie de la déficience en testostérone 1
- Mesurer les niveaux sériques de prolactine chez les patients avec testostérone basse combinée à des niveaux bas ou normaux de LH 1
- Considérer une IRM hypophysaire si la testostérone totale est <150 ng/dL avec des niveaux bas/normaux de LH 1
- Mesurer l'estradiol sérique chez les patients présentant des symptômes mammaires ou une gynécomastie 1
Facteurs pouvant influencer les résultats des tests
- Les fluctuations naturelles des niveaux de testostérone peuvent expliquer des résultats discordants 3
- Certaines conditions peuvent affecter temporairement les niveaux de testostérone: stress, manque de sommeil, activité physique intense récente 4
- L'obésité, le diabète, l'usage chronique de narcotiques ou de corticostéroïdes peuvent causer un hypogonadisme secondaire 5, 2
Points importants à retenir
- Ne jamais diagnostiquer une déficience en testostérone sur la base d'une seule mesure 1
- Ne pas se fier uniquement aux valeurs de laboratoire sans considérer les symptômes cliniques 1
- Les questionnaires de dépistage ne sont pas recommandés comme outil pour identifier les candidats à la thérapie de remplacement de la testostérone 1
- La variabilité des mesures de testostérone justifie la nécessité de tests répétés pour établir un diagnostic fiable 3, 6
En résumé, face à des résultats discordants (un test bas puis un test normal), un troisième test est nécessaire pour confirmer ou infirmer le diagnostic de déficience en testostérone, tout en tenant compte de la présence de symptômes cliniques associés.