Prise en charge de la douleur aiguë chez un patient sous méthadone
Pour un patient sous méthadone, il faut continuer la dose habituelle de méthadone et ajouter des analgésiques opioïdes à courte durée d'action à des doses plus élevées et à intervalles plus courts que pour les patients non-tolérants aux opioïdes. 1
Principes généraux
- Continuer la dose habituelle de méthadone du patient (vérifier la dose auprès de la clinique ou du médecin prescripteur) 1
- Rassurer le patient que son traitement de maintenance ne sera pas interrompu et que sa douleur sera traitée adéquatement 1
- Éviter les agonistes-antagonistes mixtes (pentazocine, nalbuphine, butorphanol) qui peuvent précipiter un syndrome de sevrage 1
Stratégie analgésique
- Utiliser des analgésiques opioïdes à action courte (morphine, hydromorphone, oxycodone) en plus de la dose quotidienne de méthadone 1
- Administrer ces opioïdes à des doses plus élevées et à intervalles plus courts que pour les patients non-tolérants en raison de:
- Prescrire les analgésiques à horaires fixes plutôt qu'à la demande 1
Considérations pharmacologiques
- La méthadone de maintenance ne fournit pas d'analgésie pour la douleur aiguë 4
- Les patients sous méthadone peuvent nécessiter des doses d'opioïdes 20-30 fois plus élevées que les patients naïfs aux opioïdes 2
- Éviter les produits combinés contenant de l'acétaminophène à doses fixes pour les patients nécessitant des doses élevées d'opioïdes (risque d'hépatotoxicité) 1
Approche multimodale
- Utiliser des analgésiques non-opioïdes (AINS, acétaminophène) en association 5
- Considérer des analgésiques adjuvants qui potentialisent l'effet des opioïdes (antidépresseurs tricycliques) 5
- L'analgésie contrôlée par le patient (PCA) peut être envisagée pour les patients hospitalisés afin de minimiser l'anxiété liée à la gestion de la douleur 1
Surveillance et précautions
- Surveiller fréquemment le niveau de conscience et la respiration 1
- Avoir du naloxone disponible en cas de dépression respiratoire 1
- Informer la clinique de méthadone ou le médecin prescripteur de l'admission et de la sortie du patient, ainsi que des médicaments administrés 1
Pièges à éviter
- Sous-traiter la douleur par crainte d'addiction ou de détournement ("opiophobie") 1, 5
- Confondre les comportements de recherche d'analgésie avec une addiction 5
- Permettre à la douleur de réapparaître avant d'administrer la dose suivante, ce qui cause une souffrance inutile et augmente les tensions entre le patient et l'équipe soignante 5
- Augmenter la dose de méthadone pour traiter l'anxiété (inefficace pour cette indication) 4
En cas d'administration parentérale de méthadone (patient ne pouvant pas prendre par voie orale), donner la moitié à deux tiers de la dose de maintenance divisée en 2 à 4 doses égales 1.