Prise en charge initiale de la bronchiectasie légère
La prise en charge initiale de la bronchiectasie légère doit inclure l'enseignement des techniques de désencombrement des voies respiratoires par un kinésithérapeute respiratoire qualifié, avec des séances quotidiennes de 10 à 30 minutes, ainsi qu'un plan d'autogestion comprenant des antibiotiques à domicile pour les exacerbations. 1, 2
Techniques de désencombrement des voies respiratoires
- Tous les patients présentant une toux chronique productive ou des difficultés à expectorer doivent être formés aux techniques de désencombrement des voies respiratoires par un kinésithérapeute respiratoire 2
- La technique de désencombrement doit être adaptée à chaque patient, avec des séances d'une durée minimale de 10 minutes (jusqu'à 30 minutes maximum) 1
- Les patients doivent être encouragés à pratiquer une activité physique régulière pour favoriser le désencombrement des voies respiratoires 1, 2
- Les patients ayant appris une technique de désencombrement doivent être revus par un kinésithérapeute respiratoire dans les 3 mois suivant leur évaluation initiale 1
Traitements mucoactifs
- Envisager un traitement mucoactif chez les patients qui ont des difficultés à expectorer les sécrétions 1, 2
- Considérer l'utilisation d'humidification avec de l'eau stérile ou du sérum physiologique pour faciliter le désencombrement des voies respiratoires 1
- Ne pas utiliser systématiquement la DNase humaine recombinante (dornase alfa) chez les adultes atteints de bronchiectasie non liée à la mucoviscidose 1, 2
Gestion des exacerbations
- Mettre en place un plan d'autogestion pour le patient 1, 2
- Prévoir un traitement rapide des exacerbations et fournir des antibiotiques à domicile aux patients appropriés 1
- Dans la mesure du possible, obtenir des expectorations pour culture et antibiogramme avant de commencer les antibiotiques 1
- Pour les exacerbations légères chez les patients atteints de bronchiectasie légère, des cures d'antibiotiques plus courtes que les 14 jours standard peuvent suffire 1
Suivi et surveillance
- Tous les patients atteints de bronchiectasie doivent faire l'objet d'une surveillance régulière pour identifier la progression de la maladie et l'émergence de pathogènes 1
- Adapter la fréquence de la surveillance à la gravité de la maladie du patient (évaluation annuelle pour les cas légers, plus fréquente pour les cas plus graves) 1
- Effectuer une oxymétrie de pouls pour dépister les patients susceptibles de nécessiter une analyse des gaz sanguins 1
- Une radiographie thoracique de référence peut fournir un comparateur utile en cas de détérioration clinique 1
Réhabilitation pulmonaire
- Les patients présentant une capacité d'exercice réduite devraient participer à des programmes de réhabilitation pulmonaire et pratiquer une activité physique régulière 2, 3
- La réhabilitation pulmonaire améliore la capacité d'exercice, réduit les symptômes de toux et améliore la qualité de vie 1, 2
- Une publication a montré que la réhabilitation pulmonaire (8 semaines d'exercices supervisés et révision des techniques de désencombrement) diminue la fréquence des exacerbations et prolonge le délai jusqu'à la première exacerbation 1
Points importants à considérer
- Les patients présentant des symptômes plus importants ont un risque accru d'exacerbations futures 4
- L'infection à Pseudomonas aeruginosa est associée à un risque de mortalité trois fois plus élevé, un risque d'hospitalisation presque sept fois plus élevé et une moyenne d'une exacerbation supplémentaire par patient et par an 2
- Les exacerbations sont associées à une augmentation de l'inflammation, un déclin accéléré de la fonction pulmonaire et une mortalité plus élevée 5
- La bronchiectasie implique un cycle vicieux d'infection bronchique chronique, d'inflammation, d'altération de la clairance mucociliaire et de lésions structurelles pulmonaires 2, 5
Précautions et pièges à éviter
- Ne pas extrapoler les traitements de la bronchiectasie liée à la mucoviscidose, car les réponses au traitement sont différentes 2
- Ne pas prescrire systématiquement de corticostéroïdes inhalés sans autres indications (comme l'ABPA, l'asthme chronique, la BPCO ou les maladies inflammatoires de l'intestin) 1, 2
- Ne pas offrir de corticostéroïdes oraux à long terme sans autres indications spécifiques 1
- Les tests de sensibilité aux antibiotiques peuvent être utilisés pour déterminer si une résistance se développe lors d'un traitement antibiotique aigu ou à long terme 1