Contrôle des Éosinophiles dans la MPOC
Les corticostéroïdes inhalés sont le traitement de première ligne pour contrôler les éosinophiles dans la MPOC, tandis que les corticostéroïdes oraux sont réservés aux cas réfractaires ou sévères. 1
Traitements de première ligne
- Les corticostéroïdes inhalés (CSI) sont le traitement de première intention pour réduire l'inflammation éosinophilique dans les voies respiratoires, avec une efficacité démontrée pour diminuer le nombre d'éosinophiles dans les expectorations et le sang 1, 2
- La budésonide inhalée (400 μg deux fois par jour) a montré une réduction significative des éosinophiles dans les expectorations et une amélioration de la sensibilité à la toux après 4 semaines de traitement 1
- Les CSI réduisent significativement la population d'éosinophiles hypodenses circulants, ce qui peut expliquer l'amélioration de l'hyperréactivité bronchique 2
- L'évitement des allergènes ou des sensibilisants professionnels identifiés est le meilleur traitement lorsqu'une cause allergique est identifiée 1
Traitements de deuxième ligne
- Les corticostéroïdes oraux sont indiqués lorsque les symptômes persistent malgré un traitement par CSI à haute dose ou lorsque l'inflammation éosinophilique des voies respiratoires progresse 1
- Pour les cas d'hyperéosinophilie réfractaire aux corticostéroïdes, l'hydroxyurée et l'interféron-alpha ont démontré une efficacité 3, 4
- Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) peuvent être efficaces dans certains cas d'éosinophilie œsophagienne, avec des taux de réponse histologique d'environ 42% 1
Traitements biologiques
- Le mépolizumab (anti-IL-5) est indiqué pour le traitement d'entretien des patients atteints d'asthme sévère à phénotype éosinophilique, de granulomatose éosinophilique avec polyangéite (EGPA) et de syndrome hyperéosinophilique (SHE) 5
- Les nouveaux agents biologiques ciblant l'IL-5 (mépolizumab), le récepteur de l'IL-5 (benralizumab) ou la voie IL-4/IL-13 (dupilumab) sont prometteurs pour les troubles éosinophiliques réfractaires 4
- Les thérapies anti-IgE ne sont pas recommandées pour le contrôle des éosinophiles en raison du manque de preuves d'efficacité 1
Traitements non recommandés
- Le montélukast, le cromoglycate de sodium, les immunomodulateurs (azathioprine, 6-mercaptopurine) et les thérapies anti-TNF ne sont pas recommandés pour le contrôle des éosinophiles en dehors des essais cliniques 1
- Les antihistaminiques n'ont pas de rôle établi dans le contrôle des éosinophiles, sauf pour traiter des maladies atopiques concomitantes 1
Considérations particulières
- L'évaluation des causes sous-jacentes de l'éosinophilie est essentielle avant de commencer un traitement spécifique 6
- Pour les patients présentant une éosinophilie persistante avec des symptômes gastro-intestinaux, une endoscopie avec biopsies multiples est recommandée pour évaluer une possible œsophagite à éosinophiles 6
- Les infections parasitaires doivent être exclues, particulièrement chez les voyageurs ou migrants, avec un traitement antiparasitaire approprié si nécessaire (albendazole, ivermectine) 1, 6
- La surveillance de la réponse au traitement par des numérations d'éosinophiles de suivi est recommandée 6
Algorithme de traitement
- Identifier et traiter les causes sous-jacentes (allergènes, infections parasitaires, médicaments)
- Commencer par les corticostéroïdes inhalés (ex: budésonide 400 μg deux fois par jour) 1
- Si réponse insuffisante après 4-8 semaines, augmenter la dose de CSI 1
- Pour les cas réfractaires, ajouter des corticostéroïdes oraux 1
- Pour les cas sévères ou réfractaires aux corticostéroïdes, envisager les thérapies biologiques (mépolizumab) ou autres agents de deuxième ligne (hydroxyurée, interféron-alpha) 5, 3, 4
Les patients présentant une éosinophilie et des maladies atopiques concomitantes significatives devraient être pris en charge conjointement par un pneumologue et un allergologue pour optimiser le traitement 6.