Le SIADH peut-il causer une pollakiurie?
Oui, le syndrome d'antidiurèse inappropriée (SIADH) peut causer une pollakiurie, comme en témoigne la présence de la pollakiurie parmi les effets indésirables les plus courants du tolvaptan, un antagoniste des récepteurs V2 de la vasopressine utilisé pour traiter le SIADH. 1
Mécanismes physiopathologiques
- Le SIADH est caractérisé par une sécrétion excessive d'hormone antidiurétique (ADH) qui entraîne une rétention d'eau libre, une hyponatrémie et une hypoosmolalité plasmatique 2
- Cette rétention d'eau excessive provoque une augmentation du volume urinaire et peut se manifester par une pollakiurie (mictions fréquentes) 1
- L'ADH agit normalement sur les récepteurs V2 rénaux pour augmenter la réabsorption d'eau, mais sa sécrétion excessive dans le SIADH perturbe l'équilibre hydrique normal 3
Diagnostic du SIADH
Le SIADH se caractérise par:
- Hyponatrémie (sodium sérique < 134 mEq/L) 3
- Hypoosmolalité plasmatique (< 275 mosm/kg) 3
- Osmolalité urinaire inappropriément élevée (> 500 mosm/kg) 3
- Concentration urinaire de sodium élevée (> 20 mEq/L) 3
- Absence d'hypothyroïdie, d'insuffisance surrénalienne ou de déplétion volémique 3
Manifestations cliniques incluant la pollakiurie
- Les symptômes du SIADH sont principalement neurologiques et liés à l'hyponatrémie, mais des symptômes urinaires comme la pollakiurie peuvent également être présents 4
- La pollakiurie est explicitement mentionnée comme un effet indésirable fréquent (≥5% par rapport au placebo) dans la documentation officielle du tolvaptan, médicament utilisé pour traiter le SIADH 1
- Les patients atteints de SIADH peuvent présenter une polyurie ou une pollakiurie en raison des perturbations de l'équilibre hydrique 1
Traitement du SIADH
- La restriction hydrique à 1 L/jour est recommandée pour l'hyponatrémie légèrement symptomatique ou asymptomatique avec sodium < 120 mEq/L 3
- Pour l'hyponatrémie sévère symptomatique, l'administration de solution saline hypertonique à 3% est recommandée avec un objectif de correction de 6 mmol/L sur 6 heures 3
- La correction totale ne doit pas dépasser 8 mmol/L en 24 heures pour prévenir le syndrome de démyélinisation osmotique 3
- Le traitement de la cause sous-jacente du SIADH est essentiel pour résoudre les symptômes, y compris la pollakiurie 5
- La déméclocycline peut être envisagée comme traitement de deuxième intention pour le SIADH 3
Considérations particulières
- Il est important de différencier le SIADH d'autres causes d'hyponatrémie, comme le syndrome de perte de sel d'origine cérébrale, car les approches thérapeutiques diffèrent 3
- L'évaluation du statut volémique est cruciale pour distinguer le SIADH (euvolémique) des autres causes d'hyponatrémie 3
- Une surveillance étroite des électrolytes sériques est nécessaire pendant le traitement du SIADH 3
En conclusion, bien que les symptômes neurologiques liés à l'hyponatrémie soient les manifestations les plus connues du SIADH, la pollakiurie est également un symptôme documenté qui peut survenir chez les patients atteints de ce syndrome.