Signification des anticorps anti-TPO et anti-thyroïdiens élevés
Des anticorps anti-TPO et anti-thyroïdiens élevés indiquent une thyroïdite auto-immune (principalement la thyroïdite de Hashimoto) et prédisent un risque significativement accru de progression vers l'hypothyroïdie manifeste, nécessitant une surveillance régulière de la fonction thyroïdienne. 1
Signification diagnostique
Les anticorps anti-TPO élevés identifient une étiologie auto-immune de la dysfonction thyroïdienne, même lorsque les tests de fonction thyroïdienne restent normaux 1. Ces anticorps représentent le marqueur le plus fort de progression vers l'hypothyroïdie 1. La présence d'anticorps anti-thyroglobuline (TgAb) accompagne souvent les anti-TPO, bien que les anti-TPO soient plus prédictifs de dysfonction thyroïdienne future 2, 3.
Dans 82,4% des cas avec anticorps positifs, les concentrations d'anti-TPO sont plus élevées que celles des anti-thyroglobuline 4. Environ 57,9% des échantillons positifs pour anti-TPO sont négatifs pour anti-TgAb, tandis que seulement 9,4% des échantillons positifs pour anti-TgAb sont négatifs pour anti-TPO 4.
Risque de progression vers l'hypothyroïdie
Le risque annuel de développer une hypothyroïdie manifeste est de 4,3% chez les patients avec anticorps thyroïdiens positifs, comparé à 2,6% chez les individus sans anticorps 1, 2. Les anticorps anti-TPO constituent le prédicteur le plus puissant de cette progression 1.
Les anticorps anti-TPO identifient les patients à risque accru de thyroïdite auto-immune et de dysfonction thyroïdienne future 2. La présence de TSH normale avec T4 et T3 normales mais anti-TPO élevés représente un stade précoce de maladie thyroïdienne auto-immune 2.
Conséquences cliniques si non traité
L'hypothyroïdie non traitée augmente le risque de complications cardiovasculaires, incluant la dyslipidémie et potentiellement l'insuffisance cardiaque 1. L'hypothyroïdie subclinique avec TSH >10 mUI/L est associée à une morbidité cardiovasculaire accrue 1.
Surveillance et prise en charge recommandées
Surveillance régulière obligatoire
- Contrôler la TSH et T4 libre tous les 6-12 mois pour surveiller l'amélioration ou l'aggravation du niveau de TSH 1, 2
- Effectuer un dosage de TSH immédiatement pour établir la fonction thyroïdienne de base, puis recontrôler tous les 1-2 ans ou plus tôt si des symptômes de dysfonction thyroïdienne apparaissent 2
Critères de traitement
- Initier la lévothyroxine si la TSH dépasse 10 mUI/L, indépendamment des symptômes 1
- Traiter également si des symptômes d'hypothyroïdie se développent, même avec TSH <10 mUI/L 1
- Les directives actuelles ne recommandent pas de traitement par lévothyroxine pour une fonction thyroïdienne normale avec anticorps positifs seuls 1
Posologie initiale de lévothyroxine
Pour patients <70 ans sans maladie cardiaque: environ 1,6 mcg/kg/jour 1, 2. Pour patients >70 ans ou avec maladie cardiaque: débuter avec 25-50 mcg et titrer progressivement 1, 2.
Éducation du patient sur les symptômes à surveiller
Informer le patient des symptômes d'hypothyroïdie pour faciliter la détection précoce de progression: fatigue inexpliquée, prise de poids, perte de cheveux, intolérance au froid, constipation et dépression 1.
Dépistage des conditions auto-immunes associées
La présence d'anticorps anti-TPO est associée à d'autres conditions auto-immunes 1. Envisager le dépistage du diabète de type 1, de la maladie cœliaque et de l'insuffisance surrénalienne 1, 2. Chez les enfants avec diabète de type 1, environ 25% ont des anticorps thyroïdiens au diagnostic 1.
Considérations spéciales importantes
Grossesse
Si la patiente est enceinte ou planifie une grossesse, une prise en charge plus agressive est justifiée car l'hypothyroïdie maternelle peut affecter le neurodéveloppement fœtal 2.
Insuffisance surrénalienne concomitante
Si une insuffisance surrénalienne et une hypothyroïdie sont toutes deux suspectées, toujours débuter les corticostéroïdes avant l'hormone thyroïdienne pour éviter de précipiter une crise surrénalienne 2.
Interférence avec les mesures de thyroglobuline
Les anticorps anti-thyroglobuline peuvent interférer avec la mesure de la thyroglobuline, masquant potentiellement les vrais niveaux et compliquant la surveillance 1.
Fluctuations pendant les poussées inflammatoires
Pendant les poussées inflammatoires aiguës dans la thyroïdite de Hashimoto, la TSH peut temporairement diminuer en raison de la destruction des cellules thyroïdiennes libérant l'hormone stockée, ce qui peut être confondu avec l'hyperthyroïdie mais évolue typiquement vers l'hypothyroïdie 1.