Causes et Traitement de la Pollakiurie chez la Femme
Dépistage Systématique Recommandé
Les cliniciens doivent activement questionner toutes les femmes sur l'incontinence urinaire lors de l'examen systématique annuel, car 51% des femmes sont affectées mais seulement 25% consultent spontanément 1, 2.
- Poser des questions spécifiques sur la perte involontaire d'urine, l'urgence mictionnelle, et la fréquence urinaire qui affectent les activités quotidiennes et la qualité de vie 1
- L'incontinence urinaire augmente avec l'âge: 13% chez les jeunes femmes nullipares, 47% à l'âge moyen, et 75% chez les femmes âgées 1
Évaluation Initiale Ciblée
Anamnèse Essentielle
- Moment d'apparition, type de symptômes (urgence, stress, mixte), et fréquence des épisodes 1
- Facteurs de risque modifiables: obésité, tabagisme, consommation de caféine, diabète, dépression, atrophie vaginale, constipation 1
- Antécédents d'accouchement vaginal et statut ménopausique 1
- Relation temporelle avec l'activité sexuelle pour les infections urinaires récurrentes 3, 4
Examen Physique et Tests
- Examen neurologique ciblé et exclusion d'infection urinaire par analyse d'urine 1, 2
- Recherche d'hématurie nécessitant une investigation supplémentaire 2
- Chez les femmes de moins de 40 ans avec infections urinaires récurrentes sans facteurs de risque, éviter les examens invasifs (cystoscopie) et l'imagerie extensive 5, 3
Algorithme de Traitement par Type
Incontinence d'Effort
La rééducation périnéale supervisée par un professionnel de santé est le traitement de première ligne le plus efficace 1.
- Rééducation périnéale seule: amélioration complète chez 1 femme sur 3 traitées (NNT=3) 1
- Amélioration cliniquement significative (réduction de 50% des épisodes) chez 1 femme sur 2 traitées (NNT=2) 1
- Biofeedback avec sonde électromyographique vaginale améliore les résultats (NNT=3) 1
- Aucun effet indésirable identifié avec les interventions comportementales 1
Incontinence par Urgence
Débuter par l'entraînement vésical combiné à des modifications du mode de vie avant d'envisager un traitement pharmacologique 1, 2.
- Entraînement vésical: amélioration chez 1 femme sur 2 traitées (NNT=2) 1
- Augmentation de l'hydratation et mictions régulières programmées réduisent les épisodes d'urgence 3, 2
- Les médicaments anticholinergiques (solifénacine, fésotérodine, toltérodine) ont une efficacité modeste (différence absolue <20%) avec effets secondaires fréquents: sécheresse buccale, constipation, rétention urinaire 1, 6
Incontinence Mixte
Combiner rééducation périnéale et entraînement vésical comme traitement initial 1.
- Combinaison rééducation + entraînement vésical: continence complète chez 1 femme sur 6 traitées (NNT=6) 1
- Amélioration clinique chez 1 femme sur 3 traitées (NNT=3) 1
- Perte de poids et exercice physique chez les femmes obèses: amélioration chez 1 femme sur 4 traitées (NNT=4) 1
Infections Urinaires Récurrentes (≥2 en 6 mois ou ≥3 en 1 an)
Stratégies Non-Antibiotiques Prioritaires
- Augmentation de l'apport hydrique 3
- Miction post-coïtale et éviter les spermicides 3
- Produits immunoactifs et probiotiques avec souches à efficacité prouvée 3
- Produits à base de canneberge, D-mannose, ou hippurate de méthénamine (preuves faibles mais sans danger) 3
Approche Antibiotique si Échec des Mesures Non-Pharmacologiques
- Confirmer chaque épisode par culture d'urine avant traitement 3
- Prophylaxie post-coïtale: antibiotique faible dose dans les 2 heures suivant le rapport sexuel pendant 6-12 mois 3
- Prophylaxie continue quotidienne si infections non liées aux rapports sexuels: nitrofurantoïne 50 mg, triméthoprime-sulfaméthoxazole 40/200 mg, ou triméthoprime 100 mg pendant 6-12 mois 3
- Ne jamais traiter une bactériurie asymptomatique, car cela favorise la résistance antimicrobienne 3
Pièges Cliniques à Éviter
- Ne pas prescrire d'antibiotiques empiriques sans culture pour les infections récurrentes 3
- Éviter la cystoscopie et l'imagerie chez les femmes jeunes sans facteurs de risque de complications 5, 3
- Ne pas utiliser de radiographie abdominale ou scanner comme première ligne d'imagerie; privilégier l'échographie 5
- Les dispositifs intravaginaux et intraurétraux ne sont pas efficaces pour l'incontinence 1
- La chirurgie (bandelettes sous-urétrales) est réservée aux échecs des traitements conservateurs 1