Causes de l'hyperglycémie chez un diabétique de type 1
L'hyperglycémie chez un diabétique de type 1 résulte principalement d'un apport insuffisant en insuline, mais plusieurs facteurs peuvent contribuer à cette insuffisance ou augmenter les besoins en insuline.
Causes principales d'hyperglycémie
Insuffisance d'insuline
- La cause fondamentale est l'absence ou l'insuffisance d'insuline, car le diabète de type 1 se caractérise par une fonction des cellules bêta absente ou quasi-absente, rendant l'insulinothérapie essentielle 1.
- L'apport insuffisant d'insuline provoque non seulement l'hyperglycémie, mais aussi des perturbations métaboliques systémiques comme l'hypertriglycéridémie et l'acidocétose, ainsi que le catabolisme tissulaire 1.
Erreurs de médication et d'administration
- Les erreurs de dose d'insuline représentent une cause fréquente d'hyperglycémie, incluant l'oubli de doses, les erreurs de calcul, ou la confusion entre différents types d'insuline 2.
- Les injections répétées dans des zones de lipodystrophie ou d'amylose cutanée localisée peuvent entraîner une hyperglycémie due à une absorption erratique de l'insuline 2.
- Un changement dans le régime d'insuline (force, fabricant, type, site d'injection ou méthode d'administration) peut affecter le contrôle glycémique et prédisposer à l'hyperglycémie 2.
Facteurs alimentaires
- L'apport en glucides non compensé par l'insuline prandiale est une cause majeure, particulièrement lorsque les patients ne correspondent pas correctement leur dose d'insuline prandiale à l'apport en glucides 1.
- Les changements dans le modèle alimentaire (contenu en macronutriments ou timing des repas) peuvent augmenter le risque d'hyperglycémie 2.
Facteurs liés à l'activité physique
- La réduction de l'activité physique diminue l'utilisation du glucose et peut entraîner une hyperglycémie 2.
- Paradoxalement, chez les patients privés d'insuline pendant 12-48 heures et en cétose, l'exercice vigoureux peut aggraver l'hyperglycémie et la cétose 1.
Stress physiologique et maladie
- Les maladies aiguës, infections, chirurgie et stress augmentent les besoins en insuline et peuvent provoquer une hyperglycémie sévère 1.
- Les corticostéroïdes induisent une résistance à l'insuline et une hyperglycémie, avec un pic d'hyperglycémie survenant environ 8 heures après la dose de prednisone 1.
Phénomène de glucotoxicité
- L'hyperglycémie elle-même peut contribuer à la résistance à l'insuline, créant un cercle vicieux où l'hyperglycémie réduit la captation du glucose 3.
- Après 24 heures d'hyperglycémie (281 mg/dL), la captation du glucose était significativement réduite (8,3 mg/kg/min) comparée à la normoglycémie (10,1 mg/kg/min) 3.
Algorithme d'évaluation des causes
Première étape : Vérifier l'observance thérapeutique
- Confirmer que le patient prend ses doses d'insuline basale et prandiale comme prescrit 1.
- Vérifier la technique d'injection et la rotation des sites d'injection 2.
- S'assurer que l'insuline n'est pas périmée et qu'elle est correctement stockée 4.
Deuxième étape : Évaluer les facteurs déclenchants
- Rechercher une infection, maladie aiguë ou stress physiologique 1.
- Vérifier l'utilisation de corticostéroïdes ou autres médicaments hyperglycémiants 1.
- Évaluer les changements récents dans l'alimentation ou l'activité physique 2.
Troisième étape : Examiner le régime d'insuline
- Calculer la dose totale quotidienne d'insuline (devrait être 0,4-1,0 unités/kg/jour, avec 0,5 unités/kg/jour typique pour les patients métaboliquement stables) 1, 5.
- Vérifier que 50% de la dose totale est administrée comme insuline basale et 50% comme insuline prandiale 1, 5.
- Identifier si le patient présente des signes de "sur-basalisation" (dose basale >0,5 unités/kg/jour avec hyperglycémie persistante) 6.
Quatrième étape : Évaluer la surveillance glycémique
- La surveillance fréquente de la glycémie joue un rôle essentiel dans la prévention et la gestion de l'hyperglycémie 2.
- L'absence d'autosurveillance glycémique représente une barrière significative au contrôle optimal 7.
Pièges courants à éviter
- Ne pas reconnaître que l'hyperglycémie chronique elle-même aggrave la résistance à l'insuline, nécessitant une correction rapide pour briser le cycle 3.
- Continuer à augmenter l'insuline basale au-delà de 0,5-1,0 unités/kg/jour sans ajouter d'insuline prandiale conduit à un contrôle sous-optimal et à un risque accru d'hypoglycémie 6.
- Ignorer les zones de lipodystrophie qui peuvent causer une absorption erratique de l'insuline et une hyperglycémie persistante 2.
- Ne pas ajuster les doses d'insuline pendant les périodes de maladie, lorsque les besoins sont augmentés 1.