Prise en charge initiale de la céphalée cervicogénique
La physiothérapie ciblant la mobilisation et la stabilisation de la colonne cervicale constitue le traitement de première ligne recommandé pour la céphalée cervicogénique. 1
Approche thérapeutique initiale
Traitement de première ligne : Physiothérapie
Un programme combiné de thérapie manuelle et d'exercices de contrôle moteur représente l'intervention la plus efficace, avec des résultats maintenus à long terme. 1, 2
Les composantes spécifiques incluent :
- Mobilisation et manipulation cervicales effectuées par un thérapeute, ciblant particulièrement les segments cervicaux supérieurs 1, 3
- Exercices de renforcement cervico-scapulaire pour améliorer le contrôle moteur des fléchisseurs profonds du cou 2, 3
- Exercices de stabilisation cervicale pour corriger les déficits de contrôle moteur identifiés 1, 2
L'American College of Physicians recommande explicitement la physiothérapie comme traitement de première ligne. 1
Interventions percutanées pour les cas réfractaires
Si la physiothérapie seule est insuffisante, les options suivantes peuvent être envisagées :
- Bloc du nerf grand occipital : efficace pour le traitement à court terme et sert à la fois de confirmation diagnostique et d'option thérapeutique 1
- Injections des facettes articulaires ou injections épidurales cervicales de stéroïdes : réservées aux cas réfractaires, offrant confirmation diagnostique et bénéfice thérapeutique 1
Confirmation diagnostique avant traitement
Avant d'initier le traitement, il est essentiel de confirmer que la céphalée est effectivement cervicogénique :
Caractéristiques diagnostiques clés :
- Douleur provoquée par les mouvements cervicaux plutôt que par la posture (contrairement à l'hypotension intracrânienne spontanée) 4
- Amplitude de mouvement cervical réduite avec sensibilité myofasciale associée 4
- Douleur unilatérale fixe débutant dans le cou et s'étendant vers la région oculo-fronto-temporale ipsilatérale 1
- Signes articulaires cervicaux supérieurs combinés à une fonction altérée des fléchisseurs profonds du cou 2
Diagnostics différentiels à exclure
Il est crucial d'éliminer d'autres causes avant de traiter comme céphalée cervicogénique :
- Syndrome de tachycardie orthostatique posturale (POTS) : diagnostiqué par augmentation de la fréquence cardiaque >30 battements/minute lors du test de station debout 4
- Hypotension orthostatique : chute de >20 mmHg en systolique et/ou >10 mmHg en diastolique 4
- Migraine : provoquée par le mouvement plutôt que la posture, avec biologie migraineuse établie 4
- Hypotension intracrânienne spontanée : céphalée orthostatique avec amélioration >50% en 2 heures en position couchée 4
Pièges à éviter
- Ne pas se fier uniquement à l'imagerie : l'IRM peut montrer des anomalies chez des patients asymptomatiques, et il n'existe pas de critères d'imagerie diagnostiques définitifs pour la céphalée cervicogénique 1, 5
- Éviter les mesures isolées : aucun signe clinique unique n'est fiable pour le diagnostic; c'est le pattern combiné de mobilité réduite, signes articulaires cervicaux supérieurs et fonction altérée des fléchisseurs profonds qui permet le diagnostic 2
- Ne pas prescrire de médicaments comme traitement principal : aucun médicament n'a prouvé son efficacité pour la céphalée cervicogénique 6
Algorithme de traitement
- Confirmer le diagnostic avec l'examen physique (mobilité cervicale, sensibilité myofasciale, provocation par mouvement cervical) 4, 2
- Débuter immédiatement la physiothérapie avec mobilisation/manipulation cervicale + exercices de renforcement cervico-scapulaire 1, 3
- Si échec après 4-6 semaines : considérer bloc du nerf grand occipital pour confirmation diagnostique et soulagement 1
- Si réfractaire : envisager injections des facettes articulaires ou épidurales cervicales 1
Cette approche progressive minimise les interventions invasives tout en maximisant les chances de succès thérapeutique à long terme. 2, 3