Traitement des Démangeaisons (Prurit)
Approche Thérapeutique Initiale
Pour le prurit généralisé sans dermatose sous-jacente, commencez par des émollients et des soins de base de la peau, suivis d'antihistaminiques non sédatifs comme la fexofénadine 180 mg ou la loratadine 10 mg en première ligne systémique. 1
Soins de Base et Mesures Topiques de Première Ligne
Émollients et hydratation cutanée : Appliquez des émollients au moins une fois par jour sur tout le corps pour restaurer l'hydratation et réparer la barrière cutanée. 1, 2
Évitez les facteurs déshydratants : Évitez les douches chaudes et l'utilisation excessive de savons. 1
Crèmes à base d'huile dans l'eau : Privilégiez les crèmes ou onguents plutôt que les lotions ou gels contenant de l'alcool. 1
Hydrocortisone topique pour prurit inflammatoire : Pour les démangeaisons associées à une inflammation cutanée mineure, l'hydrocortisone 2,5% peut être appliquée 3 à 4 fois par jour. 3, 2
Menthol topique : Les préparations au menthol peuvent fournir un effet contre-irritant qui soulage le prurit. 1, 4, 2
Traitements Topiques Spécifiques
Doxépine topique : Pour le prurit d'origine inconnue, limitez l'utilisation à 8 jours, 10% de la surface corporelle et 12 g par jour. 1
Clobétasone butyrate : Peut être bénéfique pour le prurit généralisé d'origine inconnue. 1
Évitez certains agents topiques : Ne pas utiliser la crème de crotamiton, la capsaïcine topique ou la lotion de calamine car ils manquent d'efficacité antipruriteuse significative. 1, 4
Traitements Systémiques de Deuxième Ligne
Antihistaminiques
Antihistaminiques H1 non sédatifs : Fexofénadine 180 mg ou loratadine 10 mg par voie orale sont recommandés comme traitement de deuxième ligne. 1, 4, 2
Agents légèrement sédatifs : La cétirizine 10 mg peut être utilisée si nécessaire. 1, 4
Combinaison H1 et H2 : Envisagez l'association d'antagonistes H1 et H2, par exemple fexofénadine et cimétidine, pour un effet renforcé. 1, 4
Antihistaminiques sédatifs : L'hydroxyzine n'est recommandée qu'à court terme ou en contexte palliatif. 1
Agents Neuropathiques de Troisième Ligne
Pour le prurit neuropathique ou réfractaire, les gabapentinoïdes constituent le traitement de troisième ligne le plus efficace. 4, 2
Antidépresseurs
Inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) : La paroxétine ou la fluvoxamine peuvent réduire l'intensité du prurit. 1, 4
Mirtazapine : Peut être bénéfique pour le prurit généralisé d'origine inconnue. 1, 4
Autres Agents Systémiques
Aprépitant : Antagoniste des récepteurs de la neurokinine-1, efficace pour réduire le prurit. 1, 4
Naltrexone : Particulièrement efficace pour le prurit induit par les opioïdes (recommandation de force B). 1
Ondansétron : Peut être considéré comme agent antipruritic alternatif. 1
Traitements Spécifiques selon l'Étiologie
Prurit Hépatique/Cholestatique
Photothérapie UVB : Les patients atteints de prurit cholestatique peuvent bénéficier de la photothérapie UVB à bande étroite ou de l'association UVA et UVB. 1
Traitements de cinquième ligne : Envisagez le dronabinol systémique, le phénobarbital, le propofol ou la pommade de tacrolimus topique. 1
Prurit Induit par les Médicaments
Prurit induit par les opioïdes : La naltrexone est le traitement de premier choix (si l'arrêt de l'opioïde est impossible). La méthylnaltrexone peut être une alternative. 1
Prurit postopératoire : Envisagez le diclofénac 100 mg par voie rectale. 1
Prurit induit par la chloroquine : Envisagez la prednisolone 10 mg, la niacine 50 mg ou une combinaison des deux. 1
Prurit Associé aux Hémopathies
Lymphome : Le prurit peut être soulagé par la cimétidine, la gabapentine, la carbamazépine, la mirtazapine ou la photothérapie. 1
Polycythémie vraie : L'aspirine 300 mg par jour s'est révélée efficace. Les ISRS, la photothérapie PUVA ou UVB, la cimétidine ou l'aténolol peuvent également être utiles. 1
Corticostéroïdes oraux : Pour le lymphome incurable, les corticostéroïdes oraux à forte dose peuvent soulager le prurit en contexte palliatif. 1
Pièges Cliniques à Éviter
Ne pas prolonger les corticostéroïdes topiques : Limitez l'utilisation à 7 jours maximum pour éviter l'atrophie cutanée. 5
Évitez les agents inefficaces : La crème de crotamiton, la capsaïcine topique et la lotion de calamine ne doivent pas être utilisées. 1, 4
Recherchez les causes systémiques : Toujours investiguer les maladies systémiques sous-jacentes (maladie rénale, hépatique, lymphome, carence en fer) qui peuvent causer ou exacerber le prurit. 4, 6
Réévaluation et Escalade Thérapeutique
Réévaluez après 2 semaines : Si les symptômes s'aggravent ou ne s'améliorent pas, passez à l'option thérapeutique suivante. 1, 5
Référence en dermatologie : Référez en soins secondaires en cas de doute diagnostique ou si la prise en charge en soins primaires ne soulage pas les symptômes. 1
Pour le prurit de grade 3 : Envisagez l'interruption du traitement et une prise en charge plus agressive. 1, 5