Fer intraveineux (incluant Monoferric) est indiqué chez les patients cirrhotiques avec carence martiale réfractaire au fer oral
Oui, le fer intraveineux, incluant le ferric derisomaltose (Monoferric), est clairement indiqué pour les patients avec cirrhose hépatique et carence en fer qui ne répondent pas à la supplémentation orale. 1, 2
Recommandations des lignes directrices pour la cirrhose avec gastropathie hypertensive portale
Les lignes directrices de l'American Gastroenterological Association (AGA) 2024 établissent une approche spécifique pour les patients cirrhotiques :
Le fer oral doit être essayé initialement pour reconstituer les réserves de fer chez les patients avec gastropathie hypertensive portale et anémie ferriprive 1
Le fer intraveineux est indiqué chez les patients avec saignement continu qui ne répondent pas au fer oral 1
Aucun défaut d'absorption connu n'existe chez les patients avec gastropathie hypertensive portale, donc le fer oral devrait théoriquement suffire, mais il n'y a aucune contre-indication à l'utilisation du fer IV chez ces patients, particulièrement en cas d'anémie profonde 1
Données probantes spécifiques à la cirrhose
Les études récentes démontrent l'efficacité et la sécurité du fer IV chez les cirrhotiques :
Une étude randomisée contrôlée de 2024 comparant le ferric carboxymaltose IV au fer oral chez des patients cirrhotiques après hémorragie variqueuse a montré une augmentation médiane de l'hémoglobine de 3,65 g/dL (IQR 2,55-5,25) avec le fer IV versus seulement 1,10 g/dL (IQR 0,05-2,90) avec le fer oral (P < 0,001) 2
La normalisation des réserves de fer a été atteinte chez 84,6% des patients recevant le fer IV versus seulement 21% avec le fer oral (P < 0,001) 2
Une étude observationnelle de 2020 sur le ferric carboxymaltose chez des cirrhotiques avec saignement gastro-intestinal a démontré une augmentation moyenne de l'hémoglobine de 3,0 g/dL chez les patients hospitalisés et 1,5 g/dL chez les patients ambulatoires, sans réactions adverses sérieuses 3
Choix de la formulation : Monoferric (ferric derisomaltose)
Le ferric derisomaltose présente des avantages pratiques importants :
Approuvé pour administration de 1000 mg en une seule perfusion aux États-Unis, offrant une commodité maximale et éliminant les problèmes d'adhérence 4
Les formulations permettant de remplacer les déficits en fer avec 1 ou 2 perfusions sont préférées selon l'AGA 2024 1
Taux très faible de réactions d'hypersensibilité sérieuses ou sévères, avec un profil de sécurité comparable aux autres formulations modernes de fer IV 4, 5
Réponse hématologique plus rapide comparée à d'autres formulations comme le fer sucrose 5
Algorithme de traitement recommandé
Pour un patient cirrhotique avec carence martiale malgré supplémentation orale :
Confirmer l'échec du fer oral : absence d'augmentation de l'hémoglobine ≥1,0 g/dL après 1 mois de traitement oral adéquat 1
Évaluer la sévérité :
Administrer le fer IV :
Surveillance : réévaluer l'hémoglobine, la ferritine et la saturation de la transferrine après 1 mois 1
Perfusions régulières programmées peuvent être nécessaires si le saignement chronique persiste 1
Considérations de sécurité importantes
Toutes les formulations de fer IV ont des risques similaires ; l'anaphylaxie vraie est très rare 1
La majorité des réactions sont des pseudo-allergies liées à l'activation du complément (réactions de perfusion) et doivent être traitées comme telles 1
Hypophosphatémie transitoire légère/modérée peut survenir chez 43% des patients recevant le ferric carboxymaltose, mais cela s'applique moins au ferric derisomaltose 2
Les événements indésirables hépatiques sont comparables entre le fer IV et oral chez les cirrhotiques 3, 2
Piège à éviter
Ne pas retarder le fer IV en attendant une réponse au fer oral chez un patient cirrhotique avec saignement actif ou anémie sévère, car les données démontrent clairement la supériorité du fer IV dans ce contexte 2. L'AGA recommande spécifiquement le fer IV pour les patients perdant du fer à un rythme trop rapide pour que l'apport oral compense la perte 6.