Signes cliniques du paludisme
Le paludisme se présente typiquement par de la fièvre accompagnée de symptômes pseudo-grippaux non spécifiques, incluant céphalées, frissons, sueurs, myalgies, nausées, vomissements, diarrhée et toux. 1
Manifestations cliniques principales
Symptômes cardinaux
- La fièvre constitue le signe cardinal et augmente significativement la probabilité diagnostique (rapport de vraisemblance de 5,1) 1, 2
- Les céphalées, douleurs dorsales, frissons et sueurs sont fréquemment associés 1
- Les myalgies, nausées, vomissements, diarrhée et toux complètent le tableau clinique 1, 3
Signes d'examen physique
- La splénomégalie est un signe prédictif important avec un rapport de vraisemblance de 6 pour le diagnostic 1
- L'ictère visible peut être présent et augmente la probabilité diagnostique 1
Anomalies biologiques fréquentes
- La thrombocytopénie (<150 000/mL) survient chez 70-79% des patients et représente l'anomalie biologique la plus fréquente 1, 2
- L'hyperbilirubinémie (>1,2 mg/dL) a un rapport de vraisemblance de 7,3 pour le diagnostic 1
- L'anémie peut être présente, particulièrement dans les formes sévères 1, 3
Formes sévères de paludisme à Plasmodium falciparum
Critères de gravité immédiate
- Altération de la conscience (tout degré) 1
- Convulsions actives 1
- Détresse respiratoire ou obstruction des voies aériennes 1
- Hypoxie (saturation <95%) 1
- État de choc (pression artérielle systolique <80 mmHg) 1
- Hypoglycémie (<3 mmol/L) 1
- Acidose métabolique (déficit de base >8 mmol/L) 1
Complications potentiellement mortelles
- Le paludisme à P. falciparum non traité peut évoluer vers le coma, l'insuffisance rénale, l'œdème pulmonaire et le décès 1
- Les complications neurologiques (paludisme cérébral), rénales, pulmonaires et hématologiques peuvent survenir rapidement 4, 3
Particularités selon la population
Voyageurs non immuns
- La présentation débute généralement 10 jours à 4 semaines après la transmission, mais peut survenir dès 8 jours ou jusqu'à 1 an après l'exposition 1
- Les symptômes initiaux sont souvent non spécifiques et pseudo-grippaux, pouvant retarder le diagnostic 1, 3
Enfants
- Les enfants présentent fréquemment fièvre, toux, céphalées, malaise, vomissements et diarrhée 1
- La thrombocytopénie, l'anémie et l'ictère léger peuvent être absents aux stades précoces 1
Résidents de zones endémiques
- Une parasitémie asymptomatique peut survenir chez les personnes ayant résidé longtemps en zone d'endémie 1
Pièges diagnostiques à éviter
- Ne jamais écarter le diagnostic de paludisme sur la base d'un seul frottis sanguin négatif - trois frottis négatifs à 12 heures d'intervalle sont nécessaires pour exclure le diagnostic 1, 2
- Les symptômes non spécifiques peuvent mimer la grippe, la dengue, la gastro-entérite, la fièvre typhoïde ou l'hépatite virale 3
- Le retard diagnostique du paludisme à P. falciparum est associé à une mortalité accrue 1, 2
- Tout patient fébrile ayant voyagé en zone d'endémie doit bénéficier d'un dépistage immédiat 1
Contexte épidémiologique essentiel
- Plus de 80% des cas diagnostiqués aux États-Unis proviennent d'Afrique 4
- Environ 71,7% des résidents américains diagnostiqués n'avaient pas pris de chimioprophylaxie pendant leur voyage 4
- P. falciparum représente environ 79% des cas diagnostiqués, avec un taux de paludisme sévère de 14% et une mortalité de 0,3% 4