Trazodone pour les réveils nocturnes : Non recommandé
L'American Academy of Sleep Medicine recommande explicitement de ne PAS utiliser la trazodone pour traiter l'insomnie de maintien du sommeil (réveils nocturnes), car les bénéfices ne dépassent pas les risques potentiels. 1
Pourquoi la trazodone n'est pas recommandée
La trazodone à 50 mg (la dose étudiée) démontre une efficacité cliniquement insignifiante pour les réveils nocturnes :
- Réduction du temps d'éveil après endormissement : seulement 7 minutes de moins que le placebo (en dessous du seuil de signification clinique) 1
- Augmentation du temps de sommeil total : seulement 21,8 minutes de plus que le placebo (cliniquement non significatif) 1
- Qualité du sommeil : aucune amélioration significative versus placebo 1
- Nombre de réveils : réduction de seulement 0,4 réveils (en dessous du seuil de 0,5) 1
Profil de risque défavorable
Les effets indésirables sont fréquents et potentiellement supérieurs aux bénéfices minimes :
- 75% des patients sous trazodone rapportent des effets indésirables versus 65,4% sous placebo 1
- Céphalées : 30% (versus 19% placebo) 1
- Somnolence diurne : 23% (versus 8% placebo) 1
- Troubles cognitifs et psychomoteurs : altération de la mémoire à court terme, de l'apprentissage verbal, de l'équilibre et de l'endurance musculaire 2
Alternatives recommandées pour les réveils nocturnes
Pour l'insomnie de maintien du sommeil (réveils nocturnes), privilégiez :
Première ligne
- Eszopiclone : 2-3 mg au coucher 1
- Doxépine : 3-6 mg au coucher (efficacité démontrée spécifiquement pour le maintien du sommeil) 1
- Témazépam : 15 mg au coucher 1
- Zolpidem : 10 mg au coucher 1
- Suvorexant : 10-20 mg au coucher 1
Considérations particulières
La doxépine à faible dose (3-6 mg) est particulièrement appropriée pour les réveils nocturnes car elle cible spécifiquement l'insomnie de maintien du sommeil avec un profil d'effets secondaires favorable à ces doses 1.
Cas exceptionnels où la trazodone pourrait être envisagée
Uniquement comme agent de troisième ligne si :
- Dépression comorbide présente (bien que 50 mg soit insuffisant pour traiter la dépression majeure) 3
- Échec ou contre-indications à tous les traitements de première ligne 3
Dose si utilisée malgré la recommandation : 50 mg au coucher (dose étudiée, bien qu'inefficace) 1
Mises en garde importantes
- Patients âgés : risque accru d'hypotension orthostatique, de chutes et de somnolence diurne 3
- Tolérance : contrairement aux benzodiazépines, la trazodone ne développe pas de tolérance ni de rebond REM à l'arrêt 4
- Effets cognitifs : les altérations de la mémoire et de l'équilibre persistent même après 7 jours d'utilisation 2