Dompéridone comme médicament de première intention : Considérations et surveillance de laboratoire
Le dompéridone peut être utilisé comme médicament de première intention pour les nausées et vomissements, en commençant par 10 mg trois fois par jour, avec surveillance ECG obligatoire avant l'initiation et vérification des électrolytes (potassium, magnésium) pour minimiser le risque de prolongation du QT. 1, 2
Posologie initiale et titration
- Dose de départ recommandée : 10 mg trois fois par jour par voie orale 1
- La dose maximale est de 20 mg trois à quatre fois par jour, mais éviter de dépasser 10 mg trois fois par jour lorsque possible pour minimiser les risques cardiaques 1
- La durée d'action est de 7-14 heures avec une demi-vie plasmatique d'environ 7,5 heures 1
Surveillance de laboratoire obligatoire (labo de contrôle)
Avant l'initiation du traitement
- ECG pour déterminer le QTc de base - essentiel pour identifier les patients à risque de prolongation du QT 2
- Électrolytes sériques : potassium et magnésium - les déséquilibres électrolytiques augmentent le risque d'arythmies 2
- Révision des médicaments concomitants qui prolongent le QT 2
Populations à risque nécessitant une surveillance accrue
- Patients de plus de 60 ans 1
- Doses supérieures à 30 mg/jour 1
- Patients avec troubles du rythme cardiaque préexistants 2
- Utilisation concomitante de médicaments prolongeant le QT 2
Indications cliniques appropriées
Le dompéridone est efficace pour :
- Gastroparésie (diabétique ou idiopathique) - l'American Gastroenterological Association le recommande spécifiquement 1, 2
- Nausées et vomissements induits par la chimiothérapie - particulièrement utile en cas de réfractarité aux antiémétiques standards 1
- Dyspepsie fonctionnelle avec satiété précoce 1
- Nausées et vomissements associés aux migraines (comme adjuvant) 1
Avantages par rapport aux alternatives
Le dompéridone présente un profil neurologique supérieur à la métoclopramide car il ne traverse pas facilement la barrière hémato-encéphalique, résultant en beaucoup moins d'effets extrapyramidaux (dystonie, akathisie, dyskinésie tardive) 1, 3, 4, 5
- L'American Gastroenterological Association recommande le dompéridone plutôt que la métoclopramide pour les thérapies prolongées en raison de ce profil de sécurité neurologique 1
- Particulièrement préféré chez les patients pédiatriques et les patients atteints de la maladie de Parkinson 1
Pièges courants et contre-indications
Ne pas utiliser dans les situations suivantes :
- Obstruction gastro-intestinale suspectée ou confirmée - le dompéridone est un prokinétique qui stimule la motilité intestinale 6
- Utilisation à long terme pour troubles chroniques de motilité - la British Society of Gastroenterology déconseille explicitement l'utilisation prolongée en raison des risques cardiaques cumulatifs 1
Interactions médicamenteuses importantes :
- Érythromycine et kétoconazole - inhibent significativement le métabolisme du dompéridone (via CYP3A4), pouvant entraîner une exposition médicamenteuse multipliée 6
- Le dompéridone est un substrat de la P-glycoprotéine 6
Effets secondaires documentés
Les effets secondaires les plus fréquents incluent 2, 7 :
- Céphalées
- Tachycardie/palpitations
- Diarrhée
- Douleur thoracique
- Étourdissements
- Douleur mammaire et saignements menstruels
Dans une grande cohorte de 115 patients, 44 (38%) ont rapporté des effets secondaires, mais seulement 14 (12%) ont dû arrêter le traitement 7
Efficacité clinique attendue
- 69% des patients rapportent une amélioration symptomatique 7
- 45% des patients présentent une amélioration au moins modérée 7
- Les symptômes les plus améliorés sont : plénitude postprandiale, nausées, vomissements, et sensation de plénitude gastrique 7
Statut réglementaire
- Non approuvé par la FDA aux États-Unis, mais disponible via un protocole d'application de nouveau médicament expérimental (IND) 2, 4
- Largement disponible au Canada, au Mexique, en Europe et dans de nombreux autres pays 2
Algorithme de surveillance continue
- Évaluation initiale : ECG + électrolytes (K+, Mg2+) + révision médicamenteuse 2
- Suivi à 2-3 mois : évaluation des symptômes et effets secondaires 7
- Si prolongation du QTc ou symptômes cardiaques : arrêt immédiat et considération d'alternatives 1, 2
- Si inefficace après 2-3 mois : rotation vers antagonistes 5-HT3 (ondansétron 4-8 mg 2-3 fois par jour) ou autres alternatives 1