Que faire si un patient ne prend pas son Afinitor pour ses métastases
Si un patient arrête de prendre l'évérolimus (Afinitor) pour ses métastases, il doit reprendre le traitement immédiatement, car l'interruption entraîne généralement une progression tumorale rapide, même après une réponse initiale.
Importance de la continuité du traitement
L'évérolimus doit être administré de manière continue jusqu'à progression de la maladie ou toxicité intolérable. L'interruption du traitement est associée à une reprise rapide de la croissance tumorale dans la grande majorité des cas 1.
Approche selon le type de cancer métastatique
Cancer du sein métastatique HR+/HER2-
- L'évérolimus combiné à l'exémestane est un traitement standard de deuxième ligne après progression sous inhibiteurs de l'aromatase, avec une amélioration significative de la survie sans progression 1
- Le traitement prolonge la survie sans progression médiane de 6,8 à 9 mois selon la présence ou non de métastases viscérales 2
- La dose standard est de 10 mg par voie orale quotidiennement en association avec l'exémestane 25 mg par jour 1, 3
- Une prophylaxie de la stomatite doit être utilisée systématiquement 1
Tumeurs neuroendocrines métastatiques
- L'évérolimus est recommandé pour les tumeurs neuroendocrines pancréatiques avancées et progressives avec une amélioration de la survie sans progression (11,0 mois versus 4,6 mois sous placebo) 1
- Pour les tumeurs carcinoïdes métastatiques progressives, l'évérolimus peut être considéré (catégorie 3), bien que les données soient moins robustes 1
- Le traitement doit être poursuivi indéfiniment jusqu'à progression documentée 1
Gestion des effets secondaires plutôt qu'arrêt du traitement
Effets indésirables fréquents nécessitant une gestion proactive
- Stomatite (19-75% des cas) : utiliser une prophylaxie systématique et ajuster la dose si nécessaire 1, 4, 5
- Hyperglycémie (17%) : surveiller la glycémie et traiter de manière appropriée 4, 5
- Pneumonite (7-9%) : surveiller les symptômes respiratoires et arrêter temporairement si nécessaire 1, 4
- Fatigue, éruption cutanée, anorexie, diarrhée : gestion symptomatique 1, 4
Stratégies d'ajustement posologique
- Réduction de dose requise chez 31% des patients dans les études en conditions réelles 5
- Les interruptions temporaires et réductions de dose sont préférables à l'arrêt définitif pour gérer la toxicité excessive 1
- L'intensité de dose doit être maintenue par une gestion appropriée des effets secondaires 1
Pièges à éviter
- Ne jamais arrêter l'évérolimus sans raison médicale valable : la progression tumorale survient rapidement après l'arrêt, même chez les patients ayant eu une réponse complète 1
- Exclure la non-observance du patient comme cause de progression apparente avant de modifier le traitement 1
- Vérifier les interactions médicamenteuses qui pourraient affecter la pharmacocinétique de l'évérolimus 1
- Distinguer la fausse progression radiologique des patterns de réponse atypiques avant de conclure à un échec thérapeutique 1