Comment arrêter l'anastrozole
L'anastrozole peut être arrêté directement sans sevrage progressif après avoir complété la durée de traitement recommandée (5 ans pour la prévention du risque ou le traitement adjuvant, possiblement 10 ans selon le contexte), en tenant compte du bilan osseux et des effets secondaires de la patiente.
Durée standard de traitement avant l'arrêt
- Pour la réduction du risque de cancer du sein : L'anastrozole est prescrit à 1 mg par jour pendant 5 ans chez les femmes ménopausées à risque élevé 1
- Pour le traitement adjuvant : La durée standard est de 5 ans, bien qu'une extension à 10 ans puisse améliorer la survie sans maladie (taux de survie sans maladie à 5 ans de 91% avec 10 ans vs 86% avec 5 ans) 2
- Aucune donnée ne supporte un sevrage progressif : Les lignes directrices de l'ASCO ne mentionnent aucun protocole de réduction graduelle de dose lors de l'arrêt 1
Évaluation pré-arrêt essentielle
Bilan de santé osseuse obligatoire
- Mesurer la densité minérale osseuse avant l'arrêt, car l'anastrozole augmente significativement le risque de fracture (7,1% vs 4,1% avec le tamoxifène après 37 mois) 3
- Évaluer le risque de fracture et déterminer si un traitement de protection osseuse doit être poursuivi après l'arrêt 1, 3
- Les patientes ayant développé une ostéoporose modérée à sévère sous anastrozole peuvent nécessiter des bisphosphonates ou des inhibiteurs de RANKL même après l'arrêt 1
Surveillance des effets secondaires résiduels
- Informer la patiente que les effets suivants peuvent persister temporairement après l'arrêt : raideur articulaire et arthralgies, symptômes vasomoteurs, hypertension, sécheresse oculaire et vaginale 1, 3
- Ces symptômes se résorbent généralement progressivement après l'arrêt, mais aucune donnée précise sur la durée de résolution n'est fournie dans les lignes directrices
Modalités pratiques d'arrêt
Arrêt direct sans réduction progressive
- Simplement cesser la prise quotidienne de 1 mg après avoir complété la durée de traitement prévue 1
- Aucun protocole de sevrage progressif (ex: réduction à 0,5 mg puis arrêt) n'est recommandé ou étudié dans la littérature
Considérations pour l'extension du traitement
- Discuter avec la patiente si une extension à 10 ans est appropriée, particulièrement si elle présente un risque élevé de récidive locale ou de second cancer primaire 2
- L'extension du traitement réduit l'incidence de récidive locale (10 cas vs 27 cas) et de seconds cancers primaires (27 cas vs 52 cas) 2
- La tolérance reste acceptable avec une incidence d'effets indésirables de grade ≥3 inférieure à 1% même avec 10 ans de traitement 2
Surveillance post-arrêt
Suivi de la santé osseuse
- Continuer la supplémentation en calcium et vitamine D après l'arrêt si la densité osseuse est compromise 1, 3
- Encourager l'exercice avec mise en charge pour maintenir la santé osseuse 1, 3
- Répéter la densitométrie osseuse 6-12 mois après l'arrêt pour évaluer la récupération
Surveillance oncologique continue
- Maintenir la surveillance mammographique régulière selon les protocoles standards
- Le bénéfice de réduction du risque de cancer du sein persiste après l'arrêt du traitement de 5 ans 1
Pièges à éviter
- Ne jamais arrêter prématurément sans raison médicale valable (effets secondaires intolérables, ostéoporose sévère), car cela compromet l'efficacité du traitement 1
- Ne pas négliger l'évaluation osseuse avant et après l'arrêt, car les fractures représentent une complication majeure 3
- Confirmer le statut ménopausique si l'arrêt est envisagé chez une femme en périménopause, car l'anastrozole est contre-indiqué chez les femmes préménopausées 3