Utilisation de Rexulti et Risperdal ensemble dans les troubles neurocognitifs
La polypharmacie antipsychotique combinant Rexulti (brexpiprazole) et Risperdal (risperidone) n'est généralement pas recommandée dans les troubles neurocognitifs et devrait être évitée, car les lignes directrices privilégient la monothérapie et les antipsychotics combinés augmentent les risques d'effets indésirables cognitifs, métaboliques et extrapyramidaux sans bénéfice démontré dans cette population. 1
Recommandations des lignes directrices sur la polypharmacie antipsychotique
Les principales organisations médicales s'opposent à l'utilisation régulière de combinaisons d'antipsychotiques:
Le National Institute for Health and Care Excellence (NICE) déconseille l'utilisation régulière de médicaments antipsychotiques combinés, sauf pour de courtes périodes lors du changement de médicaments. 1
L'American Psychiatric Association recommande la monothérapie et ne reconnaît pas de situations où la polypharmacie antipsychotique serait systématiquement recommandée. 1
La World Federation of Societies of Biological Psychiatry recommande de ne considérer la polypharmacie antipsychotique que dans des cas spécifiques comme la schizophrénie résistante au traitement. 1
Risques spécifiques de cette combinaison dans les troubles neurocognitifs
Effets cognitifs délétères
La polypharmacie antipsychotique a été associée à des effets néfastes sur la cognition, principalement en raison de la dose quotidienne totale d'antipsychotiques plus élevée. 2
Les données sur les effets causaux de la polypharmacie sur la cognition restent contradictoires, mais le risque est particulièrement préoccupant chez les patients atteints de troubles neurocognitifs qui présentent déjà une déficience cognitive. 2
Charge d'effets secondaires accrue
La polypharmacie antipsychotique est associée à une augmentation globale des effets secondaires, incluant les effets parkinsoniens, l'hyperprolactinémie, la dysfonction sexuelle, l'hypersalivation, la sédation/somnolence, et le diabète sucré. 2
Les interactions médicamenteuses, particulièrement celles affectant les mêmes voies métaboliques, peuvent avoir des effets additifs ou réducteurs sur les concentrations plasmatiques et la gravité des effets secondaires. 2
La risperidone est métabolisée par le CYP2D6, et la connaissance du statut métaboliseur peut aider à prédire ces interactions. 2
Risques extrapyramidaux avec la risperidone
La risperidone présente la plus forte probabilité de produire des effets secondaires extrapyramidaux parmi les antipsychotiques atypiques en raison de sa forte affinité pour les récepteurs dopaminergiques D2. 3
Ce risque est particulièrement problématique dans les troubles neurocognitifs, notamment si le patient présente des symptômes parkinsoniens ou une maladie de Parkinson comorbide. 3
Approche clinique recommandée
Privilégier la monothérapie
Avant d'envisager toute combinaison, optimiser la dose d'un seul agent avec des essais systématiques de 6 à 8 semaines à des doses adéquates. 1
La monothérapie entraîne généralement moins de coûts pour les services de santé et un risque global plus faible d'effets indésirables. 2
L'observance thérapeutique peut également être meilleure avec les monothérapies, car le patient n'a qu'un seul antipsychotique à prendre. 2
Si une combinaison est absolument nécessaire
Sélectionner des antipsychotiques avec des profils d'effets secondaires différents pour minimiser les effets indésirables additifs. 1
Surveiller étroitement les symptômes extrapyramidaux, les effets métaboliques et les interactions médicamenteuses affectant les concentrations plasmatiques. 1
Éviter de continuer la combinaison indéfiniment et réévaluer régulièrement la nécessité de maintenir deux agents. 1
Considérations spécifiques pour le brexpiprazole
Le brexpiprazole présente une activité intrinsèque plus faible aux récepteurs D2 que l'aripiprazole et est prédit pour démontrer une propension plus faible aux événements indésirables activateurs et aux symptômes extrapyramidaux. 4
Le brexpiprazole a montré un profil de sécurité favorable avec une faible incidence d'akathisie (5,8% à court terme), de sédation (2,3% à court terme) et une prise de poids modérée (1 kg en moyenne). 5
Dans les essais à court terme, le brexpiprazole n'a pas montré de bénéfice pour la fonction cognitive en 6 semaines. 6
Pièges à éviter
Ne pas initier une polypharmacie prématurément sans avoir d'abord optimisé la monothérapie avec une dose adéquate et une durée suffisante. 1
Ne pas ignorer le statut métaboliseur CYP2D6 lors de l'utilisation de risperidone, car cela peut affecter les concentrations plasmatiques et les effets secondaires. 2
Ne pas négliger la surveillance continue du rapport risque-bénéfice, particulièrement pour les effets métaboliques et extrapyramidaux. 1