Optimisation du Rexulti et considération de l'Aricept pour l'agitation post-AVC lacunaire
Pour ce patient avec trouble neurocognitif vasculaire et agitation accrue après l'arrêt du rispéridone, augmenter le Rexulti à 3 mg die est approprié selon les données probantes, et l'Aricept (donépézil) est effectivement indiqué pour améliorer la cognition dans ce contexte de trouble neurocognitif post-AVC. 1
Optimisation du Rexulti (brexpiprazole)
Justification de l'augmentation à 3 mg
- Les études cliniques démontrent que le brexpiprazole 2-3 mg/jour produit une amélioration significative de l'agitation dans la démence, avec une réduction d'environ 5 points sur l'échelle Cohen-Mansfield par rapport au placebo après 12 semaines. 2, 3
- Dans l'étude de phase 3, les patients titrés à la dose maximale de 2 mg/jour ont montré une réduction significativement supérieure de l'agitation (-5.06 points) comparativement au placebo. 2
- Le brexpiprazole est généralement bien toléré aux doses de 2-3 mg/jour, avec des effets indésirables principalement légers à modérés (étourdissements, céphalées, insomnie, somnolence). 2, 3
Considérations importantes
- Le brexpiprazole est un médicament d'entretien et ne doit pas être utilisé "au besoin" (PRN) pour l'agitation aiguë. 3
- Comme tous les antipsychotiques chez les patients âgés avec démence, le brexpiprazole est associé à un risque accru de mortalité (1.6-1.7 fois supérieur au placebo), ce qui doit être discuté avec le patient et sa famille. 1, 4
- Une réévaluation quotidienne est recommandée pour déterminer la nécessité de poursuivre le traitement à la dose la plus faible et pour la durée la plus courte possible. 1, 4
Mise en garde concernant le lorazépam
- L'utilisation concomitante d'Ativan 1 mg bid PRN est problématique : les benzodiazépines augmentent l'incidence et la durée du délirium, causent une agitation paradoxale chez environ 10% des patients âgés, et augmentent le risque de chutes. 1, 4
- Les lignes directrices recommandent d'éviter les benzodiazépines comme traitement de première ligne pour l'agitation dans la démence, sauf en cas de sevrage alcoolique ou benzodiazépinique. 1, 4
Indication de l'Aricept (donépézil) dans le trouble neurocognitif vasculaire
Recommandation basée sur les lignes directrices
- Les inhibiteurs de la cholinestérase, incluant le donépézil, sont indiqués pour le traitement des déficits cognitifs post-AVC et de la démence vasculaire. 1
- Dans une méta-analyse en réseau de sept essais, le donépézil 10 mg s'est classé premier pour l'amélioration de la cognition dans la démence vasculaire, bien qu'il présente également le plus d'effets secondaires. 1
- Le mémantine, antagoniste des récepteurs NMDA, a également été associé à de petites améliorations des fonctions cognitives chez les individus avec démence vasculaire. 1
Contexte spécifique du patient
- Après un infarctus lacunaire, les patients présentent un risque accru de déclin cognitif et de démence, avec une atteinte fréquente de la mémoire récente (82.6% des cas). 5, 6
- L'atteinte cognitive après infarctus lacunaire aigu est très fréquente (91.3% des patients présentent des scores anormaux aux tests cognitifs). 6
- Les infarctus lacunaires avec trouble cognitif léger montrent des patterns d'activité cérébrale spontanée distincts, suggérant des mécanismes compensatoires perturbés par les lésions vasculaires. 7
Approche non-pharmacologique prioritaire
Avant d'optimiser les médicaments, il est essentiel d'investiguer et de traiter les causes réversibles d'agitation : 1, 4
- Douleur : évaluation systématique car les patients avec troubles neurocognitifs ne peuvent pas toujours verbaliser l'inconfort
- Infections : rechercher infection urinaire, pneumonie
- Constipation et rétention urinaire : vérification systématique
- Effets secondaires médicamenteux : révision de tous les médicaments pour identifier les agents anticholinergiques qui aggravent l'agitation
Alternative pharmacologique : ISRS comme traitement de première ligne
- Les lignes directrices canadiennes de 2024 désignent explicitement les ISRS comme traitement de première ligne pour l'agitation dans le trouble neurocognitif vasculaire. 1
- Les ISRS (classe entière) réduisent significativement les symptômes neuropsychiatriques globaux, l'agitation et la dépression chez les individus avec trouble cognitif vasculaire, avec ou sans dépression majeure au départ. 1
- Considérer l'optimisation de l'Effexor (venlafaxine) déjà prescrit à 187.5 mg, ou l'ajout d'un ISRS spécifique comme le citalopram (10-40 mg/jour) ou la sertraline (25-200 mg/jour) avant d'augmenter l'antipsychotique. 1, 4
Algorithme de décision recommandé
- Investiguer les causes réversibles (douleur, infections, constipation, médicaments anticholinergiques) 1, 4
- Optimiser l'ISRS (augmenter l'Effexor ou ajouter citalopram/sertraline) et évaluer la réponse après 4 semaines 1
- Si l'agitation persiste et est sévère : augmenter le Rexulti à 3 mg die avec surveillance quotidienne 2, 3
- Initier le donépézil 5 mg die pour le trouble neurocognitif, avec titration possible à 10 mg après 4-6 semaines 1
- Réduire progressivement le lorazépam pour éviter les effets paradoxaux et le risque de chutes 1
Surveillance requise
- Évaluation quotidienne de la nécessité de poursuivre le Rexulti 1, 4
- Surveillance des symptômes extrapyramidaux, chutes, sédation, changements métaboliques, prolongation du QTc 1, 4
- Réévaluation de la réponse à 4 semaines avec mesures quantitatives (Cohen-Mansfield Agitation Inventory ou NPI-Q) 1, 4
- Si aucun bénéfice clinique significatif après essai adéquat, diminuer progressivement et cesser le médicament 1