Bilan sanguin pour l'ostéoporose secondaire chez un homme de 56 ans
Chez un homme de 56 ans avec ostéoporose, un bilan sanguin complet doit être systématiquement réalisé pour identifier les causes secondaires, car jusqu'à 50% des cas d'ostéoporose masculine ont une étiologie sous-jacente traitable. 1, 2
Tests de base obligatoires
Tous les hommes avec ostéoporose doivent avoir les analyses suivantes :
- Calcium sérique et phosphate pour évaluer le métabolisme osseux et identifier les anomalies 1, 3
- 25-hydroxyvitamine D car la carence est présente chez 32-85% des patients ostéoporotiques et peut causer l'ostéomalacie 1, 4
- Créatinine sérique pour évaluer la fonction rénale avant d'initier certains traitements 1
- Phosphatase alcaline (PAL) pour évaluer le remodelage osseux, car elle est significativement plus élevée chez les hommes ostéoporotiques (ratio de prévalence 3,05) 1, 5
- Albumine ou protéines totales pour interpréter correctement les niveaux de calcium 1
Tests pour identifier les causes secondaires spécifiques
Évaluation hormonale (prioritaire chez les hommes)
- Testostérone totale et testostérone libre pour identifier l'hypogonadisme, une cause fréquente d'ostéoporose masculine 6, 1, 7
- SHBG (sex hormone-binding globulin) pour calculer la testostérone libre si les valeurs sont limites 1
- LH et FSH pour différencier l'hypogonadisme primaire du secondaire 1
- TSH pour exclure l'hyperthyroïdie qui accélère la perte osseuse 1, 7
Évaluation du métabolisme phosphocalcique
- PTH intacte (iPTH) si le calcium est anormal pour évaluer l'hyperparathyroïdie 1, 3
- Ratio calcium/créatinine urinaire pour évaluer l'excrétion calcique 5
Tests additionnels selon le contexte clinique
- VS ou CRP si suspicion de conditions inflammatoires (myélome multiple, arthrite) 1
- Tests hépatiques (GOT, GPT, gamma-GT) pour identifier une maladie hépatique 1
- Dépistage de la maladie cœliaque (anticorps anti-endomysium, anti-transglutaminase) si facteurs de risque ou malabsorption suspectée 1
- Glycémie à jeun et HbA1c pour évaluer le diabète 1
- Cortisol libre urinaire des 24 heures si suspicion de syndrome de Cushing, bien que l'hypercortisolisme soit rare chez les hommes ostéoporotiques 5
Nuances importantes et pièges à éviter
L'utilité du dépistage systématique est débattue chez les hommes âgés. Une étude sur 1572 hommes ≥65 ans a montré qu'environ 60% avaient ≥1 anomalie de laboratoire, qu'ils soient ostéoporotiques ou non 5. Seules l'insuffisance en vitamine D et la phosphatase alcaline élevée étaient significativement plus fréquentes chez les hommes ostéoporotiques 5.
Cependant, à 56 ans, votre patient est plus jeune que la population étudiée, et les causes secondaires sont proportionnellement plus fréquentes chez les hommes plus jeunes avec ostéoporose 2, 7. Un bilan complet est donc justifié.
Priorisez l'évaluation de la testostérone car l'hypogonadisme est une cause majeure et traitable d'ostéoporose masculine, particulièrement chez les hommes sous thérapie de privation androgénique pour cancer de la prostate 6, 7.
Ne négligez pas la vitamine D : visez des concentrations sériques ≥30 ng/ml (75 nmol/L) 2. La supplémentation en calcium (1200 mg/jour) et vitamine D (800-1000 UI/jour) doit être systématique 6, 1.
L'hypercalciurie était absente chez tous les hommes ostéoporotiques dans l'étude MrOS, suggérant une utilité limitée du calcium urinaire des 24 heures en routine 5.