Estrogel 0,06% pour les bouffées de chaleur ménopausiques
Recommandation principale
L'estradiol topique (Estrogel 0,06%) est le traitement le plus efficace pour les bouffées de chaleur ménopausiques, réduisant les symptômes d'environ 75%, mais les options non hormonales (gabapentine, venlafaxine) doivent être essayées en premier en raison des risques cardiovasculaires et oncologiques associés à l'hormonothérapie. 1, 2
Algorithme de traitement recommandé
Première ligne : Options non hormonales
- Gabapentine 900 mg/jour au coucher réduit la sévérité des bouffées de chaleur de 46% comparé à 15% avec placebo, sans interactions médicamenteuses connues et sans contre-indications absolues 1
- Venlafaxine 37,5 mg quotidiennement, augmentée à 75 mg après 1 semaine, réduit les scores de bouffées de chaleur de 37-61% et est préférée par 68% des patientes malgré une efficacité similaire à la gabapentine 1
- Paroxétine 7,5 mg quotidiennement réduit la fréquence et la sévérité de 62-65%, mais doit être évitée chez les femmes prenant du tamoxifène en raison de l'inhibition du CYP2D6 1
Évaluation de l'efficacité
- Réévaluer l'efficacité à 2-4 semaines pour les ISRS/IRSN et à 4-6 semaines pour la gabapentine 1
- Si inefficace ou mal toléré, passer à un autre agent non hormonal avant de considérer l'hormonothérapie 1
Deuxième ligne : Hormonothérapie ménopausique (HTM)
L'estradiol transdermique (incluant Estrogel 0,06%) ne devrait être utilisé que lorsque les options non hormonales ont échoué et après avoir exclu toutes les contre-indications. 1, 2
Efficacité de l'Estrogel 0,06%
- L'estradiol transdermique à 0,75 mg (Estrogel 0,06%) est la dose pratique la plus faible qui réduit efficacement la fréquence et la sévérité des bouffées de chaleur modérées à sévères 3
- Les formulations transdermiques sont préférées aux formulations orales en raison de taux plus faibles de thromboembolie veineuse et d'AVC 1, 2
- L'hormonothérapie réduit les bouffées de chaleur d'environ 75% comparé au placebo 1, 2
Contre-indications absolues à l'Estrogel
Ne jamais prescrire l'estradiol topique chez les femmes avec : 2, 4
- Antécédents de cancers hormonodépendants (sein, endomètre)
- Saignements vaginaux anormaux non diagnostiqués
- Événements thromboemboliques actifs ou récents
- Maladie hépatique active
- Grossesse
Utilisation avec prudence extrême
Risques importants de l'hormonothérapie
- L'hormonothérapie combinée estrogène-progestatif augmente le risque d'AVC, d'embolie pulmonaire, de cancer du sein invasif, de démence et de maladie de la vésicule biliaire 2, 4
- Les cancers du sein diagnostiqués pendant l'hormonothérapie sont plus susceptibles d'être ganglionnaires positifs et diagnostiqués à des stades plus avancés 2
- Le risque de cancer du sein augmente avec une utilisation de plus de 3-5 ans 1
Posologie et administration de l'Estrogel
- Utiliser la dose efficace la plus faible pendant la durée la plus courte nécessaire pour contrôler les symptômes 2, 4
- Pour l'Estrogel 0,06%, appliquer 0,87 g/jour (dose la plus faible efficace) à 2,6 g/jour selon la réponse 3, 5
- Ajouter un progestatif si l'utérus est intact pour protéger l'endomètre, avec la progestérone micronisée préférée en raison de taux plus faibles de thromboembolie veineuse et de risque de cancer du sein 1, 2
Approches non pharmacologiques adjuvantes
- Perte de poids ≥10% du poids corporel peut éliminer les symptômes de bouffées de chaleur 1
- Arrêt du tabac améliore la fréquence et la sévérité des bouffées de chaleur 1
- Acupuncture démontre une équivalence ou une supériorité par rapport à la venlafaxine ou à la gabapentine 1
- Thérapie cognitivo-comportementale (TCC) peut réduire le fardeau perçu des bouffées de chaleur 1
- Ajustements environnementaux : s'habiller en couches, maintenir des températures fraîches, porter des fibres naturelles 1
Pièges courants à éviter
- Ne pas utiliser l'hormonothérapie pour la prévention primaire des maladies chroniques, car les risques l'emportent sur les bénéfices pour cette indication 2
- Éviter les hormones bioidentiques composées sur mesure, car les données soutenant les allégations de sécurité et d'efficacité supérieures font défaut 1, 6
- Ne pas dépasser 4-5 ans de traitement hormonal en raison de l'augmentation du risque de cancer du sein avec une durée plus longue 7
- Réévaluer périodiquement la nécessité de poursuivre le traitement 4