Diagnostic différentiel du kyste pilonidal
Le diagnostic différentiel d'un kyste pilonidal doit inclure principalement les abcès cutanés récurrents, l'hidradénite suppurée, les folliculites, les furoncles, les fistules périanales (particulièrement chez les patients atteints de maladie de Crohn), et les lésions malignes cutanées dans les cas chroniques.
Conditions infectieuses et inflammatoires à considérer
Abcès et infections cutanées récurrentes
- Les abcès récurrents au même site peuvent être causés par des facteurs locaux tels que du matériel étranger, l'hidradénite suppurée, ou un kyste pilonidal, dont l'éradication peut être curative 1
- L'incision et le drainage doivent être effectués pour les abcès récurrents 1
Hidradénite suppurée (HS)
- L'hidradénite suppurée doit être différenciée de la maladie fistulisante périanale, particulièrement chez les patients atteints de maladie de Crohn 1
- Les caractéristiques d'imagerie qui suggèrent l'HS incluent la bilatéralité, l'œdème sous-cutané et les granulomes, avec localisation dans les régions sacro-fessières et inguinales/antérieures 1
- Une prédominance de lésions dans la région périanale et un épaississement de la paroi rectale favorisent le diagnostic de maladie de Crohn plutôt que l'HS 1
Folliculites et furoncles
- Les lésions cutanées périanales telles que l'HS, la folliculite et les kystes pilonidaux doivent être rapportées en utilisant une nomenclature en cadran horaire 1
Pathologies périanales et rectales
Fistules périanales (maladie de Crohn)
- La maladie de Crohn est rarement associée à l'hidradénite suppurée, et l'HS peut précéder la maladie de Crohn 1
- La maladie de Crohn avec HS est plus active avec un risque accru de stomie permanente 1
- L'IRM pelvienne ou le scanner doivent être effectués si les symptômes liés à la poche ne peuvent être expliqués par la pochoscopie 1
Autres lésions périanales
- Les kystes de la glande de Bartholin, les lymphadénopathies et l'inflammation doivent être considérés dans le diagnostic différentiel 1
Considérations importantes selon la présentation clinique
Lésions chroniques ou récurrentes
- Chez les patients avec des kystes pilonidaux de longue durée (>10 ans), la transformation maligne doit être considérée, le carcinome épidermoïde étant le type histologique le plus fréquent 2, 3
- L'inflammation chronique avec des mécanismes génétiques et de réparation de l'ADN altérés est considérée comme la principale cause de malignité 2
- La croissance de la lésion est typiquement lente, et le diagnostic doit être précoce 3
Caractéristiques dermoscopiques distinctives
- Les kystes pilonidaux présentent un fond rose, une ulcération centrale, des vaisseaux en points disposés en périphérie, et des lignes blanches 4
- Les zones structurelles jaunâtres centrales avec des vaisseaux en épingle à cheveux et glomérulaires périphériques sont également des caractéristiques dermoscopiques 4
- Ces caractéristiques diffèrent des kystes épidermiques qui montrent un punctum et un fond blanc ivoire 4
Pièges diagnostiques à éviter
- Ne pas confondre un kyste pilonidal avec une cellulite : le terme "cellulite" n'est pas approprié pour l'inflammation cutanée associée à des collections de pus 1
- Ne pas négliger l'examen des espaces interdigitaux des orteils dans la cellulite des membres inférieurs, car le traitement des fissures peut réduire l'incidence des infections récurrentes 1
- Ne pas ignorer la possibilité d'une transformation maligne dans les cas chroniques, particulièrement après 10-20 ans d'évolution 2, 3
- Distinguer les kystes pilonidaux des autres lésions nodulaires roses incluant le mélanome amélanotique, le carcinome basocellulaire, le carcinome épidermoïde, le granulome pyogénique, et le lymphome 4