Infection urinaire et TEP scan : Impact sur les résultats
Une infection urinaire avec Morganella morganii et Enterococcus faecalis à 1 000 000 UFC/mL ne fausse généralement pas les résultats d'un TEP scan (tomographie par émission de positons au 18F-FDG), mais peut créer une captation physiologique accrue dans les voies urinaires qui doit être distinguée d'une pathologie maligne.
Mécanisme de captation du FDG dans l'infection
- Le 18F-FDG (fluorodésoxyglucose) est capté par les cellules métaboliquement actives, incluant les cellules inflammatoires et infectieuses 1
- Les infections bactériennes actives, y compris les infections urinaires, peuvent montrer une captation accrue du FDG due à l'activité métabolique des leucocytes et des bactéries 1
- Cette captation physiologique dans le contexte infectieux est attendue et ne représente pas un "faux résultat" mais plutôt une réalité métabolique 1
Considérations spécifiques pour votre infection
Morganella morganii
- Morganella morganii est un bacille Gram-négatif opportuniste couramment associé aux infections urinaires, particulièrement la pyélonéphrite 2, 3
- À 1 000 000 UFC/mL, cela représente une infection significative (≥10^5 UFC/mL est considéré comme une bactériurie significative) 1
- Ce pathogène peut causer des infections polymicrobiennes dans 58% des cas 2
Enterococcus faecalis
- Enterococcus faecalis est également un pathogène urinaire commun 4
- La présence concomitante de deux pathogènes à des concentrations élevées suggère une infection urinaire active et significative 1, 4
Impact pratique sur l'interprétation du TEP scan
Zones potentiellement affectées
- Vessie et voies urinaires supérieures : Une captation physiologique accrue du FDG peut être observée dans la vessie, les uretères et potentiellement les reins si une pyélonéphrite est présente 5
- Distinction nécessaire : Le médecin nucléaire doit différencier la captation inflammatoire/infectieuse de la captation tumorale basée sur le pattern de distribution, l'intensité et la corrélation avec l'imagerie anatomique 1
Recommandations avant le TEP scan
- Traitement de l'infection : Idéalement, traiter l'infection urinaire avant le TEP scan si le délai clinique le permet, car cela réduira la captation inflammatoire non spécifique 5
- Hydratation : Une hydratation adéquate et une miction fréquente sont recommandées pour réduire l'activité de fond dans les voies urinaires 1
- Communication avec le médecin nucléaire : Informer l'équipe de médecine nucléaire de l'infection active permet une interprétation appropriée des images 1
Situations cliniques spécifiques
Si le TEP scan est pour une indication oncologique
- La présence d'une infection urinaire active peut compliquer l'interprétation dans la région pelvienne 1
- Les lésions malignes des voies urinaires pourraient être masquées ou confondues avec l'inflammation infectieuse 1
- Une corrélation avec l'imagerie anatomique (CT ou IRM) est essentielle pour différencier infection et malignité 5
Si le TEP scan est pour une suspicion d'endocardite ou d'infection de dispositif
- Le TEP-FDG a une sensibilité d'environ 90% pour détecter les infections de prothèses valvulaires et de dispositifs cardiaques 1
- Une infection urinaire concomitante ne devrait pas interférer avec la détection d'une infection cardiaque, car ce sont des sites anatomiques distincts 1
Écueils à éviter
- Ne pas reporter systématiquement l'examen : Si l'indication du TEP scan est urgente (suspicion de malignité agressive, infection de dispositif cardiaque), l'examen peut être réalisé malgré l'infection urinaire avec une interprétation appropriée 1
- Ne pas ignorer les symptômes : Si vous présentez des signes de pyélonéphrite (fièvre, douleur lombaire), une imagerie dédiée (échographie rénale ou CT avec contraste) peut être nécessaire avant ou en complément du TEP scan 5
- Antibiotiques préalables : Si vous avez déjà commencé un traitement antibiotique, mentionnez-le car cela peut réduire la captation inflammatoire mais l'infection résiduelle peut encore être visible 4, 3