Tendinite du coude : Symptômes et diagnostics différentiels
Présentation clinique typique
La tendinite du coude se présente classiquement par une douleur localisée d'apparition insidieuse, liée à l'activité et aggravée par les mouvements répétitifs, avec une sensibilité bien localisée à la palpation des épicondyles. 1
Symptômes caractéristiques
- Douleur progressive décrite comme "aiguë" ou "lancinante", initialement présente pendant l'activité mais pouvant diminuer après l'échauffement 1
- Aggravation graduelle avec douleur au repos dans les stades avancés 1
- Début insidieux coïncidant avec une activité nouvelle ou une augmentation d'intensité d'une activité existante 1
- Localisation latérale (épicondylite latérale) 7 à 10 fois plus fréquente que médiale, affectant le bras dominant dans 75% des cas 1
- Âge typique : après 40 ans, hommes et femmes également touchés 1
Signes à l'examen physique
- Sensibilité localisée à la palpation reproduisant la douleur ressentie pendant l'activité 1
- Atrophie musculaire souvent présente dans les conditions chroniques, indice important de la durée de la tendinopathie 1
- Tuméfaction, érythème et asymétrie fréquemment notés 1
- Amplitude de mouvement limitée du côté symptomatique 1
- Douleur reproduite par les manœuvres simulant la charge tendineuse (extension résistée du poignet pour l'épicondylite latérale) 1
Diagnostics différentiels à éliminer
Pathologies osseuses et articulaires
- Fractures occultes : rechercher par radiographies simples qui peuvent révéler des fractures d'avulsion aux sites d'insertion tendineuse 1, 2
- Corps intra-articulaires libres : visibles sur radiographies ou nécessitant IRM/échographie 1
- Lésions ostéochondrales : détectables par radiographies initiales, confirmées par IRM si nécessaire 1
- Arthrose dégénérative : formation d'ostéophytes aux épicondyles visible sur radiographies 1
- Ossification hétérotopique : identifiable sur radiographies simples 1
Pathologies tendineuses et ligamentaires
- Rupture du tendon du biceps : survient typiquement chez les hommes d'âge moyen lors d'une contraction excentrique soudaine 3
- Rupture du tendon du triceps : extrêmement rare, étiologie similaire avec contraction excentrique forcée 3
- Lésions du ligament collatéral ulnaire : particulièrement chez les athlètes pratiquant des lancers répétitifs 1
- Tendinite calcifiante : rare au coude, visible sur radiographies comme calcifications des tissus mous 1, 4
Pathologies nerveuses
- Syndrome du tunnel cubital : compression du nerf ulnaire, peut présenter des symptômes de douleur au coude avec engourdissements et picotements 1
- Syndrome du tunnel radial : compression du nerf radial, peut mimer l'épicondylite latérale 5
Pathologies inflammatoires
- Épanchement articulaire : peu fréquent avec la tendinopathie, suggère une pathologie intra-articulaire 1
- Maladies rhumatismales : à considérer si plusieurs tendons symptomatiques simultanément 1
Algorithme diagnostique recommandé
Étape 1 : Évaluation clinique initiale
- Rechercher l'histoire d'activités répétitives (extension du poignet pour latéral, flexion pour médial) 1
- Identifier la localisation précise de la douleur par palpation 1
- Effectuer des tests de provocation par charge tendineuse 1
- Rechercher l'atrophie musculaire (indique chronicité) 1
Étape 2 : Imagerie initiale
- Radiographies simples du coude : toujours en première intention pour exclure pathologies osseuses, corps libres, calcifications 1, 2, 5
- Comparaison avec le côté controlatéral utile pour identifier asymétries 1
Étape 3 : Imagerie avancée si nécessaire
- IRM sans contraste : si radiographies normales mais symptômes persistants après 6-12 semaines de traitement conservateur 1, 5
- Échographie : alternative à l'IRM pour évaluer tendons et ligaments, sensibilité 64,52% et spécificité 85,19% pour déchirures du tendon extenseur commun 1
- IRM ou échographie : équivalentes pour suspicion de lésion tendineuse ou ligamentaire avec radiographies normales 1
Pièges à éviter
- Ne pas ignorer la présence de multiples tendons symptomatiques : doit alerter vers une évaluation rhumatologique 1
- Ne pas confondre avec une pathologie intra-articulaire : l'épanchement articulaire est rare dans la tendinopathie pure 1
- Ne pas retarder le diagnostic de rupture tendineuse complète : le diagnostic peut être manqué, retardant la prise en charge chirurgicale nécessaire dans les 4 premières semaines 6
- Reconnaître que la plupart des cas sont dégénératifs (tendinose) plutôt qu'inflammatoires au moment de la consultation 1, 7