Douleur vive lors de l'éversion du pied droit et douleurs en coup de poignard liées à une substance
Vos symptômes suggèrent fortement une tendinopathie aiguë du pied droit (probablement des tendons péroniers lors de l'éversion) combinée à une neuropathie périphérique déclenchée par la consommation d'une substance, nécessitant l'arrêt immédiat de cette substance et un traitement anti-inflammatoire.
Évaluation clinique de la douleur à l'éversion
Examen physique ciblé
- Palpez les tendons péroniers le long de la face latérale du pied et de la cheville pour identifier une sensibilité bien localisée qui reproduit la douleur ressentie lors de l'activité 1
- Recherchez un gonflement, une érythème ou une asymétrie par rapport au pied controlatéral, signes fréquents de tendinopathie 1
- Testez l'amplitude de mouvement en éversion active et passive, qui sera typiquement limitée du côté symptomatique 1
- Effectuez des manœuvres de mise en charge du tendon en demandant une éversion contre résistance pour reproduire la douleur caractéristique 1
Diagnostic différentiel à exclure
- Appliquez les règles d'Ottawa pour déterminer si des radiographies sont nécessaires : douleur à la palpation de la base du 5e métatarsien, douleur à la palpation du naviculaire, ou incapacité de faire 4 pas 1, 2
- Excluez une entorse latérale de cheville en recherchant un mécanisme d'inversion en flexion plantaire plutôt qu'une douleur isolée à l'éversion 1, 2
Évaluation des douleurs en coup de poignard liées à une substance
Caractérisation de la neuropathie
- Déterminez si les douleurs sont distales, symétriques et avec exacerbation nocturne, caractéristiques typiques d'une neuropathie périphérique douloureuse 1
- Recherchez des descripteurs spécifiques : sensations de brûlure, douleurs aiguës, paresthésies, qui indiquent une atteinte des petites fibres 1, 3
- Évaluez la fonction des petites fibres par le test de sensation à la piqûre d'épingle et à la température au niveau des orteils et de la plante des pieds 3
- Évaluez la fonction des grandes fibres avec un diapason de 128 Hz pour la vibration et testez les réflexes de la cheville 3
Lien avec la substance consommée
- Identifiez la substance spécifique car certaines substances (alcool, certains médicaments) peuvent déclencher ou aggraver une neuropathie périphérique 1
- Recherchez une instabilité glycémique si la substance affecte le métabolisme du glucose, car cela peut être associé à la genèse de douleurs neuropathiques 1
- Considérez une érythromélalgie induite si les symptômes incluent rougeur, chaleur et douleur brûlante déclenchée par la chaleur ou certaines substances 1
Bilan paraclinique
Examens de laboratoire prioritaires
- Hémoglobine A1c ou glycémie à jeun pour dépister le diabète, cause la plus fréquente de neuropathie périphérique 3
- Vitamine B12 car une carence peut causer une neuropathie sensorielle 3
- Fonction thyroïdienne car l'hypothyroïdie peut causer une neuropathie 3
- Formule sanguine complète pour dépister une anémie ou des troubles hématologiques 3
- Panel métabolique complet pour évaluer la fonction rénale et les électrolytes 3
Imagerie
- Radiographies du pied droites uniquement si les règles d'Ottawa sont positives (sensibilité de 99% pour exclure une fracture) 1, 2
- L'imagerie n'est PAS indiquée de routine pour une présentation de neuropathie bilatérale sans drapeaux rouges 3
- IRM ou échographie réservées si la douleur à l'éversion persiste malgré un traitement conservateur adéquat de 3 à 6 mois 1
Algorithme de traitement
Phase aiguë (0-2 semaines)
Pour la tendinopathie à l'éversion :
- Repos relatif immédiat : réduire les activités qui provoquent l'éversion répétitive du pied 1
- AINS par voie orale (ibuprofène 400-800 mg toutes les 6-8 heures) pour un soulagement de la douleur à court terme, bien qu'ils n'affectent pas les résultats à long terme 1, 4
- AINS topiques comme alternative avec moins d'effets secondaires systémiques 1
- Protocole PRICE : Protection, Repos, Glace (limitée à 10 minutes, 4 fois par jour pour éviter les lésions tissulaires), Compression, Élévation 1
Pour la neuropathie liée à la substance :
- Arrêt immédiat de la substance déclenchante 1
- Traitements topiques en première ligne pour soulager l'érythème et la douleur neuropathique 1
- Éviter l'immersion dans l'eau froide ou la glace prolongée car cela peut augmenter le risque de lésions tissulaires, d'ulcérations et d'invalidité 1
Phase subaiguë (2-8 semaines)
Si amélioration insuffisante de la tendinopathie :
- Réévaluation à 4-5 jours pour un examen optimal de la gravité de la lésion ligamentaire, car le gonflement et la douleur excessifs limitent la précision de l'examen dans les 48 premières heures 2
- Supports semi-rigides ou à lacets supérieurs aux bandages élastiques pour le traitement fonctionnel 1, 2
- Rééducation fonctionnelle préférée à l'immobilisation complète pour prévenir l'atrophie musculaire 1, 2
- Exercices de renforcement car ils constituent un traitement efficace de la tendinopathie et peuvent inverser les changements dégénératifs 1
Si persistance de la neuropathie :
- Traiter les conditions sous-jacentes identifiées par les tests de laboratoire (gestion du diabète, supplémentation en B12, remplacement thyroïdien) 3
- Référence en neurologie pour des études électrodiagnostiques si les symptômes persistent au-delà de 6-8 semaines 3
- Référence en podologie pour des orthèses sur mesure et une évaluation biomécanique si les symptômes persistent au-delà de 6-8 semaines 3
Phase chronique (>8 semaines)
Pour tendinopathie réfractaire :
- Thérapie par ondes de choc extracorporelles option sûre, non invasive et efficace mais coûteuse pour les tendinopathies chroniques 1
- Chirurgie option efficace chez les patients soigneusement sélectionnés qui ont échoué à 3-6 mois de thérapie conservatrice 1
Pour neuropathie réfractaire :
- Approche multidisciplinaire avec référence à un centre de réadaptation de la douleur pour les cas sévères, réfractaires ou invalidants 1
Pièges critiques à éviter
- Ne pas examiner qu'une seule fois : l'examen initial dans les 48 heures peut être limité par le gonflement et la douleur ; toujours réexaminer à 4-5 jours 2
- Ne pas supposer que les symptômes sont purement mécaniques sans dépister le diabète ou d'autres causes systémiques, même chez les jeunes adultes 3
- Ne pas utiliser de bandages élastiques pour le traitement fonctionnel, car les supports semi-rigides ou à lacets sont supérieurs 1, 2
- Ne pas immobiliser complètement sauf si absolument nécessaire, car la rééducation fonctionnelle prévient le déconditionnement 1, 2
- Attention à la présentation bilatérale des douleurs neuropathiques, qui suggère une maladie systémique plutôt qu'une compression focale 3
- Ne pas prescrire d'opioïdes pour la douleur neuropathique en raison de l'absence de bénéfice à long terme et des dommages significatifs 5
- Éviter les mesures de refroidissement excessives (immersion prolongée dans l'eau glacée, utilisation continue de ventilateurs) qui peuvent causer des lésions tissulaires 1