Infection Urinaire et Faux Positifs au TEP Scan
Oui, une infection urinaire sévère avec Morganella morganii et Enterococcus faecalis peut absolument provoquer un hypermétabolisme ganglionnaire lombo-aortique au TEP scan, mimant une récidive cancéreuse, même en l'absence de fièvre. 1
Mécanisme Physiopathologique
L'hypermétabolisme au FDG-TEP n'est pas spécifique au cancer mais reflète également l'inflammation et l'infection active. 1 Dans le contexte d'une pyélonéphrite sévère ou d'une infection urinaire compliquée avec 217.000 leucocytes, les ganglions lombo-aortiques régionaux peuvent montrer une captation accrue du FDG en réponse à l'infection, particulièrement chez les patients diabétiques, immunodéprimés ou présentant des anomalies anatomiques. 1
La présence de douleurs lombaires sans fièvre ne diminue pas la probabilité d'une réaction ganglionnaire inflammatoire. Les infections à Morganella morganii sont fréquemment associées aux pyélonéphrites et infections des voies urinaires, avec une mortalité de 8% chez les patients débilités. 2 Ces infections sont polymicrobiennes dans 58% des cas, comme dans votre situation avec co-infection à Enterococcus faecalis. 2
Algorithme Diagnostique Recommandé
Étape 1: Corrélation Clinico-Biologique
- Rechercher une fièvre persistante au-delà de 48-72 heures malgré une antibiothérapie appropriée, ce qui survient dans moins de 5% des pyélonéphrites non compliquées et justifie une investigation approfondie. 1
- Vérifier les hémocultures, la CRP et la procalcitonine persistamment élevées, ainsi que la fonction rénale détériorée, qui peuvent indiquer une infection compliquée. 1
Étape 2: Imagerie de Confirmation (CRUCIAL)
L'IRM lombo-aortique avec contraste est l'examen de choix pour différencier une adénopathie inflammatoire réactionnelle d'une pathologie infectieuse profonde ou maligne. 1 L'IRM offre une sensibilité de 96% et une spécificité de 94% pour détecter les infections rachidiennes et rétropéritonéales, supérieure au TEP scan dans ce contexte. 1
- Ne jamais attribuer systématiquement des ganglions hypermétaboliques à une pathologie maligne sans corrélation avec l'imagerie anatomique et le contexte clinique. 1
- Réaliser impérativement une imagerie complémentaire (IRM ou TDM) lorsque le TEP scan montre des résultats ambigus dans le contexte d'une infection active. 1
Étape 3: Prise en Charge Thérapeutique
- Confirmer l'infection urinaire sévère par culture d'urine et antibiogramme avant de débuter l'antibiothérapie. 1
- Identifier les facteurs de risque de complications: diabète, immunosuppression, anomalies anatomiques. 1
- Réaliser une IRM lombo-aortique avec contraste pour caractériser les ganglions hypermétaboliques et rechercher des foyers infectieux profonds. 1
Pour Morganella morganii multirésistant, le méropénème et la nitrofurantoïne sont les antibiotiques les plus efficaces, avec 33,3% des isolats étant multirésistants. 3 Chez les patients cancéreux, plus de 60% des infections urinaires sont dues à des organismes multirésistants. 4
Suivi et Réévaluation
- Réévaluation clinique à 48-72 heures: défervescence attendue dans 95-100% des patients avec infections non compliquées. 1
- Répéter l'imagerie si la fièvre ou les symptômes persistent pour détecter des complications évolutives. 1
- Les TEP scans de suivi de routine ne sont pas recommandés en raison de la persistance potentielle de l'hypermétabolisme inflammatoire après la guérison clinique. 1
Écueil Majeur à Éviter
Le piège principal est d'interpréter l'hypermétabolisme ganglionnaire comme une récidive cancéreuse sans tenir compte du contexte infectieux actif. L'infection urinaire avec leucocyturie massive (217.000/mm³) et germes pathogènes identifiés constitue une explication alternative plausible qui doit être écartée avant de conclure à une récidive néoplasique. L'IRM avec contraste reste l'examen de référence pour cette différenciation. 1