Prise en charge de la ménorragie avec stérilet et antécédent de fibrome
Chez une femme avec ménorragie portant un stérilet et ayant des fibromes utérins confirmés à l'échographie, le stérilet au lévonorgestrel (SIU-LNG) représente le traitement médical de première ligne le plus efficace, avec une efficacité comparable à l'ablation endométriale ou l'hystérectomie pour réduire les saignements. 1, 2
Évaluation initiale prioritaire
- Vérifier le type de stérilet en place : Si la patiente porte déjà un SIU-LNG (Mirena), évaluer sa durée d'utilisation et son positionnement échographique, car un déplacement ou une expiration peut expliquer l'échec thérapeutique 3
- Quantifier l'anémie : Doser l'hémoglobine pour évaluer la sévérité de la perte sanguine et la nécessité d'une supplémentation en fer 4
- Caractériser les fibromes à l'échographie : Noter la taille, le nombre, la localisation (sous-muqueux, intramuraux, sous-séreux) et la déformation de la cavité utérine, car les fibromes sous-muqueux répondent moins bien au traitement médical 5, 4
- Exclure d'autres pathologies : Rechercher des polypes endométriaux (fréquents après 40 ans) ou une hyperplasie endométriale par hystéroscopie ou sonohystérographie si l'échographie transvaginale seule est insuffisante 2
Algorithme thérapeutique médical
Si stérilet au cuivre ou absence de SIU-LNG
Le remplacement par un SIU-LNG constitue le traitement de première ligne le plus efficace, réduisant la durée et le volume des saignements menstruels avec des effets secondaires minimes grâce à la libération hormonale ciblée 1, 3, 2
- Le SIU-LNG réduit les pertes sanguines menstruelles de manière comparable à l'ablation endométriale, avec l'avantage d'être réversible 2
- Cette option est particulièrement appropriée pour les femmes souhaitant préserver leur fertilité future 3
Traitements médicaux complémentaires ou alternatifs
En cas de contre-indication ou refus du SIU-LNG, utiliser l'acide tranexamique comme alternative non hormonale de première ligne :
- Acide tranexamique : Réduit les pertes sanguines menstruelles de 20 à 60%, particulièrement efficace pour les patientes ne pouvant ou ne souhaitant pas utiliser d'options hormonales 1, 2, 6
- AINS : Réduisent également les saignements de 20 à 60% et contrôlent la douleur associée 1, 2
- Contraceptifs oraux combinés : Option de première ligne pour les femmes nécessitant également une contraception 1, 4
Traitements de deuxième ligne
Si les options de première ligne échouent, les antagonistes de la GnRH (relugolix, elagolix, linzagolix) avec thérapie hormonale d'appoint représentent le traitement de deuxième ligne :
- Ces agents réduisent significativement les saignements ET le volume des fibromes (réduction de 18 à 50% sur 3-4 mois) 1, 7
- La thérapie d'appoint avec œstrogènes et progestatifs à faible dose est obligatoire pour prévenir la perte de densité minérale osseuse et les effets hypoestrogéniques sévères (bouffées de chaleur, céphalées, hypertension) 1, 7, 8
- Ces traitements suppriment la fertilité pendant leur utilisation et les symptômes récidivent rapidement après l'arrêt 7, 8
Indications chirurgicales ou interventionnelles
Envisager une intervention si :
- Échec du traitement médical optimal après 3 à 6 mois d'essai avec SIU-LNG ou antagonistes de la GnRH 5
- Fibromes sous-muqueux symptomatiques : La myomectomie hystéroscopique est indiquée pour les fibromes sous-muqueux déformant la cavité, avec hospitalisation courte et retour rapide aux activités 5
- Symptômes de compression dominants (plutôt que saignements seuls) : Privilégier les options chirurgicales ou l'embolisation des artères utérines 7
- Embolisation des artères utérines (EAU) : Taux de succès clinique de 81 à 100%, avec amélioration de la ménorragie dans 83% des cas à 3 mois, mais 20 à 25% de récidive symptomatique à 5-7 ans 5
Préparation préopératoire
Si chirurgie planifiée, administrer des antagonistes de la GnRH pendant 3-4 mois avant l'intervention pour :
- Réduire la taille des fibromes et la complexité chirurgicale 7
- Corriger l'anémie avec supplémentation en fer concomitante 1
- Programmer la chirurgie rapidement après le traitement, car les fibromes reprennent rapidement leur taille initiale 7, 8
Pièges cliniques à éviter
- Ne pas poursuivre indéfiniment les antagonistes de la GnRH sans thérapie d'appoint : Risque majeur de perte osseuse significative 1, 8
- Ne pas considérer les antagonistes de la GnRH comme solution définitive : Ils sont inappropriés pour une gestion à long terme sans transition vers un traitement définitif (chirurgie, EAU, ou SIU-LNG) 7, 8
- Attention aux fibromes sous-muqueux avec SIU-LNG : Les patientes avec charge fibroïde intramurale ou sous-séreuse significative, ou adénomyose concomitante, répondent moins bien à la myomectomie hystéroscopique seule 5
- Risque d'aménorrhée permanente avec EAU : <2-3% chez les femmes <45 ans, mais jusqu'à 20% chez celles >45 ans 5