Relation entre l'infection urinaire sur sonde JJ et l'adénopathie para-rénale
Oui, il existe très probablement une relation directe : le ganglion de 10 mm adjacent à l'artère rénale droite représente une lymphadénopathie réactionnelle secondaire à l'infection urinaire polymicrobienne sur sonde JJ colonisée. 1
Justification clinique et radiologique
La présence d'une leucocyturie massive (140 000/mL) avec colonisation bactérienne polymicrobienne d'une sonde JJ constitue un contexte infectieux sévère qui explique parfaitement une adénopathie réactionnelle de 10 mm. 1, 2
Critères diagnostiques d'adénopathie réactionnelle
Un ganglion de 10 mm se situe exactement au seuil conventionnel de suspicion (>10 mm) ; dans le contexte d'une infection urinaire active sévère, une origine inflammatoire réactionnelle est hautement plausible. 1
Les ganglions réactionnels drainent les zones d'infection active et d'inflammation tissulaire ; la proximité anatomique du ganglion avec le rein droit infecté confirme ce mécanisme physiopathologique. 3, 4
La leucocyturie de 140 000/mL indique une forte probabilité d'infection bactérienne documentée (rapport de vraisemblance de 3,7), même en l'absence de fièvre. 2, 5
Spécificité limitée de l'imagerie métabolique
Sur TEP-FDG, la sensibilité pour détecter les métastases ganglionnaires dans les carcinomes urothéliaux est de 82 % et la spécificité de 84 % ; cependant, la captation du FDG n'est pas spécifique et peut être positive dans les conditions inflammatoires ou infectieuses. 1
L'infection et l'inflammation peuvent mimer une pathologie maligne sur l'imagerie fonctionnelle, créant des faux positifs. 2
Prise en charge thérapeutique immédiate
Le remplacement urgent de la sonde JJ colonisée avec antibiothérapie ciblée est impératif, car les antibiotiques seuls sont insuffisants pour traiter une pyélonéphrite obstructive aiguë. 1, 2, 5
Décompression urinaire urgente
Le changement de la sonde JJ par voie rétrograde ou la néphrostomie percutanée sont des options équivalentes pour la décompression urgente, avec un taux de survie de 92 % versus seulement 60 % avec traitement médical seul. 1, 2, 5
Obtenir des cultures de la sonde retirée et de l'urine pour guider l'antibiothérapie. 1
Antibiothérapie empirique
Ceftriaxone 1-2 g IV par jour comme traitement de première ligne, démontrant une supériorité sur les fluoroquinolones en termes de taux de guérison clinique et microbiologique. 1, 2, 5
La ceftriaxone est efficace contre les uropathogènes attendus, incluant Klebsiella et Morganella morganii, qui colonisent fréquemment les sondes urétérales. 2, 5
L'antibiothérapie ciblée basée sur l'antibiogramme réduit les complications septiques de 50 % à 9 %. 1, 2
Stratégie de surveillance ganglionnaire
Réévaluer le ganglion après résolution complète de l'infection ; reporter toute imagerie de contrôle (TEP-FDG) d'au moins 4 à 6 semaines après la résolution. 1
Critères de résolution infectieuse
- Normalisation du nombre de leucocytes sanguins. 1
- Absence de fièvre et d'autres signes cliniques. 1
- Culture d'urine stérile sous traitement. 1
Interprétation de l'imagerie de suivi
Une diminution ou absence de captation FDG sur l'examen de suivi confirme un ganglion inflammatoire réactionnel. 1
Une taille ou captation ganglionnaire persistante ou augmentée après éradication de l'infection suggère une possible récidive néoplasique et nécessite une investigation complémentaire. 1
Si l'incertitude diagnostique persiste, réaliser une biopsie ganglionnaire guidée par imagerie pour histologie définitive. 1
Prévention des récidives
Programmer des changements de sonde JJ de routine tous les 3 mois pour minimiser les infections récurrentes, car la durée de maintien en place est le principal facteur de risque modifiable. 1, 2
- Réévaluer régulièrement l'indication de la sonde et la retirer dès que cliniquement possible. 1
Pièges à éviter
Ne pas retarder la décompression urinaire en attendant les résultats de culture, car le délai peut conduire à une progression vers un choc septique. 2
Ne pas se fier uniquement à la CRP pour exclure une infection, car elle peut être normale malgré une infection sévère avec leucocyturie marquée. 2
Ne pas ignorer la possibilité d'adénopathies réactionnelles sur TEP, car l'inflammation et l'infection peuvent mimer une pathologie maligne. 2