Douleur diffuse dans les pieds en marchant avec jambes raides et ankylosées
Réponse directe
Vous devez d'abord exclure une neuropathie périphérique diabétique, une artérite des membres inférieurs, ou une pathologie neurologique proximale (radiculopathie lombaire), car ces conditions menacent la mobilité et peuvent progresser vers des complications graves si non traitées. 1
Diagnostic différentiel prioritaire
Causes neurologiques à exclure en premier
La neuropathie périphérique diabétique se manifeste par des douleurs diffuses décrites comme brûlantes, des sensations de "marcher pieds nus sur du sable chaud" ou "sur des billes", avec aggravation nocturne et raideur matinale des jambes 1
L'artérite des membres inférieurs (maladie artérielle périphérique) provoque une claudication avec douleur diffuse à la marche, raideur des jambes, et amélioration au repos dans les 10 minutes 1
La compression nerveuse proximale (radiculopathie lombaire ou syndrome du canal lombaire) peut causer des douleurs diffuses irradiant dans les pieds avec raideur des jambes à la marche 1, 2
Causes musculosquelettiques secondaires
Les arthropathies inflammatoires (polyarthrite rhumatoïde, spondylarthropathies) affectent fréquemment les pieds de façon bilatérale avec raideur matinale marquée et douleur diffuse à la marche 3, 4, 5
Les fractures de stress du calcanéus se présentent avec douleur diffuse du pied aggravée par la marche, souvent après augmentation récente de l'activité 1, 2
Éléments clés de l'examen clinique
Signes d'alarme nécessitant une évaluation urgente
Absence de pouls pédieux ou pouls diminués suggèrent une ischémie artérielle nécessitant une évaluation vasculaire immédiate 1
Paresthésies, engourdissements, ou sensation de brûlure orientent vers une neuropathie périphérique ou compression nerveuse 1
Douleur au repos ou nocturne évoque une ischémie critique ou neuropathie sévère 1
Examen physique dirigé
Test de compression du calcanéus (compression médio-latérale) : douleur positive suggère une fracture de stress 1, 2
Palpation des points de sensibilité : douleur diffuse non localisée versus points précis de douleur 1, 6
Évaluation de la marche : observer la démarche antalgique, la raideur des jambes, et la capacité à supporter le poids 1
Examen neurologique : tester la sensibilité, les réflexes, et la force musculaire pour détecter une atteinte neurologique 1
Algorithme d'investigation
Étape 1 : Investigations initiales obligatoires
Glycémie à jeun et HbA1c pour exclure le diabète si non diagnostiqué 1
Index cheville-bras (IPS) pour évaluer la perfusion artérielle des membres inférieurs 1
Radiographies en charge des pieds pour exclure fractures, arthropathies, ou déformations osseuses 2
Étape 2 : Si investigations initiales négatives
Scintigraphie osseuse au technétium si suspicion de fracture de stress avec radiographies négatives, car les symptômes précèdent souvent les signes radiographiques 1, 2
Électromyographie et études de conduction nerveuse si symptômes neurologiques (brûlures, engourdissements, paresthésies) 1
IRM sans contraste pour évaluer les tissus mous, les nerfs, et détecter les fractures occultes si douleur persiste >1 semaine 2
Étape 3 : Investigations spécialisées
Référence en neurologie si suspicion de radiculopathie lombaire ou neuropathie périphérique confirmée 1, 7
Référence en chirurgie vasculaire si IPS anormal (<0,90) ou symptômes d'ischémie 1
Référence en rhumatologie si suspicion d'arthropathie inflammatoire (douleur bilatérale, raideur matinale >30 minutes, atteinte d'autres articulations) 3, 4
Pièges cliniques à éviter
Erreurs diagnostiques fréquentes
Ne pas attribuer automatiquement la douleur diffuse à une fasciite plantaire : cette condition cause typiquement une douleur localisée au talon, non une douleur diffuse du pied 1, 2
Ne pas ignorer les symptômes neurologiques subtils : les brûlures, picotements, ou sensation de "novocaïne" indiquent une atteinte nerveuse nécessitant une investigation spécialisée 1
Ne pas sous-estimer l'impact de la raideur des jambes : ce symptôme suggère une pathologie proximale (vasculaire, neurologique, ou spinale) plutôt qu'un problème purement podiatrique 1, 2
Réexaminer le patient 3-5 jours après la présentation initiale si l'examen initial est limité par l'œdème ou la douleur excessive 2
Contre-indications thérapeutiques importantes
Éviter les injections de corticostéroïdes près du tendon d'Achille en raison du risque de rupture tendineuse 7, 8
Ne pas immobiliser complètement sans indication précise, car cela entraîne une atrophie musculaire et un déconditionnement 8
Orientation thérapeutique initiale
Pendant l'investigation diagnostique
Modification des activités : réduire la marche et les activités aggravantes sans repos complet 8, 9
AINS pour le contrôle de la douleur et de l'inflammation si aucune contre-indication 1, 8
Chaussures appropriées avec support de voûte plantaire et coussinets pour redistribuer la pression 1, 8
Critères de référence urgente
Référence immédiate en podiatrie/chirurgie orthopédique si aucune amélioration après 6-8 semaines de traitement conservateur approprié 1, 7
Référence urgente en neurologie si symptômes neurologiques progressifs ou déficit moteur 1, 7
Référence urgente en chirurgie vasculaire si signes d'ischémie critique (douleur au repos, absence de pouls, changements cutanés) 1