Tests de surveillance recommandés après une utilisation prolongée de sémaglutide
Aucun test de surveillance spécifique de la fonction des organes n'est systématiquement recommandé après une utilisation prolongée de sémaglutide, car aucun ajustement posologique n'est nécessaire en cas d'insuffisance rénale ou hépatique. 1, 2 Cependant, une surveillance clinique ciblée est essentielle pour détecter les complications potentielles.
Tests de laboratoire de base recommandés
Fonction rénale
- Créatinine sérique et DFGe (débit de filtration glomérulaire estimé) : Bien qu'aucun ajustement posologique ne soit requis même avec un DFGe < 30 mL/min/1,73 m², une surveillance est nécessaire pour détecter une éventuelle insuffisance rénale aiguë liée à la déshydratation causée par les effets gastro-intestinaux 1, 2
- Le sémaglutide démontre des effets néphroprotecteurs avec une réduction du risque d'événements rénaux majeurs de 24% et un ralentissement de la pente annuelle du DFGe de 1,16 mL/min/1,73 m² 2
Fonction hépatique
- Transaminases hépatiques (ALT, AST) et bilirubine totale : Une évaluation de base est nécessaire, bien qu'aucun ajustement posologique ne soit requis en cas d'insuffisance hépatique 1, 3
- Le sémaglutide peut améliorer la stéatose hépatique, mais une surveillance est prudente 4
Fonction pancréatique
- Lipase et amylase pancréatiques : Ces tests ne sont pas systématiquement mesurés dans la pratique clinique actuelle (0% des patients dans une étude récente), malgré le risque théorique de pancréatite 3
- Une surveillance clinique des symptômes de pancréatite (douleur abdominale sévère persistante) est plus importante que les tests de laboratoire de routine 1, 4
Fonction thyroïdienne
- TSH, T3, T4 : Ces tests sont couramment effectués avant l'initiation, mais la surveillance continue n'est pas systématiquement recommandée sauf en cas de symptômes 3
- Calcitonine : Ce test n'est pas mesuré dans la pratique clinique courante (0% des patients), malgré le risque théorique de tumeurs des cellules C thyroïdiennes observé chez les rongeurs 3
- Les patients ayant des antécédents personnels ou familiaux de carcinome médullaire de la thyroïde ou de néoplasie endocrinienne multiple de type 2 ne devraient jamais recevoir de sémaglutide 1, 4
Surveillance métabolique et cardiovasculaire
Contrôle glycémique
- HbA1c : Réévaluation tous les 3 mois jusqu'à l'atteinte des objectifs, puis tous les 3 à 6 mois 1
- Glycémie à jeun : Surveillance régulière, particulièrement si le patient prend de l'insuline ou des sulfonylurées en concomitance 1
Profil lipidique
- Cholestérol total, LDL, HDL, triglycérides : Surveillance pour évaluer le risque cardiovasculaire et les améliorations 1, 3
- Le sémaglutide améliore les profils lipidiques et réduit les événements cardiovasculaires de 26% chez les patients diabétiques 4, 2
Pression artérielle
- Surveillance régulière car la perte de poids peut nécessiter un ajustement des antihypertenseurs 1
Surveillance clinique spécifique
Évaluation ophtalmologique
- Examen ophtalmologique complet : Recommandé si aucun examen n'a été effectué au cours des 12 derniers mois, particulièrement chez les patients diabétiques 1
- Le sémaglutide a été associé à une augmentation des complications de la rétinopathie diabétique dans l'essai SUSTAIN-6, nécessitant une vigilance accrue 1, 4
Surveillance de la vésicule biliaire
- Évaluation clinique des symptômes : Douleur du quadrant supérieur droit, fièvre, nausées 1
- Le sémaglutide augmente le risque de cholélithiase et de cholécystite de 38% par rapport au placebo 4
- Une échographie abdominale peut être envisagée en cas de symptômes, mais n'est pas recommandée en routine 1
Lacunes dans la pratique clinique actuelle
Une étude récente a révélé des déficiences importantes dans l'évaluation pré-traitement 3 :
- 0% des patients ont eu leurs taux de lipase, amylase ou calcitonine mesurés avant l'initiation
- Seulement 1,8% des patients ont eu une évaluation complète de leurs antécédents personnels et familiaux de maladies thyroïdiennes, de cancer de la thyroïde, de pancréatite, de rétinopathie et de neuropathie
- Cette approche sous-développée expose les patients à des risques de complications graves 3
Algorithme de surveillance recommandé
Tous les 3 mois (jusqu'à stabilisation) :
- Poids corporel
- Pression artérielle
- HbA1c et glycémie à jeun
- Évaluation clinique des effets gastro-intestinaux
- Surveillance des symptômes de pancréatite ou de maladie de la vésicule biliaire 1
Tous les 6-12 mois (après stabilisation) :
- Créatinine sérique et DFGe
- Transaminases hépatiques
- Profil lipidique complet
- Examen ophtalmologique (annuel pour les diabétiques) 1, 3
Surveillance clinique continue :
- Symptômes de pancréatite (douleur abdominale sévère)
- Symptômes de maladie de la vésicule biliaire (douleur du quadrant supérieur droit)
- Changements visuels ou symptômes de rétinopathie
- Signes de déshydratation liés aux effets gastro-intestinaux 1, 4
Pièges courants à éviter
- Ne pas négliger la surveillance ophtalmologique chez les patients diabétiques, car le sémaglutide peut aggraver la rétinopathie diabétique 1, 4
- Ne pas oublier d'ajuster l'insuline ou les sulfonylurées pour prévenir l'hypoglycémie lors de l'utilisation prolongée 1
- Ne pas ignorer les symptômes gastro-intestinaux persistants qui peuvent entraîner une déshydratation et une insuffisance rénale aiguë 1, 2
- Ne pas mesurer systématiquement la calcitonine ou les enzymes pancréatiques en l'absence de symptômes, car ces tests ne sont pas recommandés en routine 3