Alternative à l'halopéridol pour les nausées chez les patients parkinsoniens
La dompéridone est l'antiémétique de choix pour traiter les nausées chez les patients atteints de la maladie de Parkinson, car elle ne traverse pas la barrière hémato-encéphalique et n'aggrave donc pas les symptômes moteurs parkinsoniens. 1
Pourquoi éviter l'halopéridol chez les parkinsoniens
L'halopéridol est un antagoniste dopaminergique central qui bloque les récepteurs D2 dans le cerveau et aggrave significativement les symptômes moteurs de la maladie de Parkinson en s'opposant directement à l'action thérapeutique de la lévodopa et des agonistes dopaminergiques. 1 Cette interaction rend l'halopéridol contre-indiqué dans cette population, malgré son efficacité antiémétique chez d'autres patients. 2, 3
Première ligne : Dompéridone
La dompéridone à 10-20 mg trois à quatre fois par jour est l'antiémétique optimal car elle agit comme antagoniste dopaminergique périphérique sans traverser la barrière hémato-encéphalique, minimisant ainsi le risque d'effets extrapyramidaux. 1
Le risque de développer des symptômes extrapyramidaux avec la dompéridone est minimal comparé au métoclopramide ou à l'halopéridol. 1
Attention : La dompéridone peut prolonger l'intervalle QT et causer des arythmies ventriculaires, nécessitant une surveillance cardiovasculaire, particulièrement chez les patients âgés. 4
La disponibilité de la dompéridone est limitée aux États-Unis (uniquement via une demande FDA de médicament expérimental), mais elle est largement disponible au Canada et en Europe. 4
Deuxième ligne : Antagonistes 5-HT3
Si la dompéridone est inefficace ou non disponible :
L'ondansétron 4-8 mg deux à trois fois par jour bloque les récepteurs sérotoninergiques dans la zone de déclenchement des chimiorécepteurs sans affecter les voies dopaminergiques. 4, 2
Le granisétron 1 mg deux fois par jour ou en timbre transdermique de 34,3 mg par semaine offre une alternative avec différents modes d'administration. 4, 3
Ces agents ont démontré une efficacité modeste dans la gastroparésie réfractaire, avec une amélioration des scores symptomatiques chez environ 50% des patients. 4
Piège à éviter : Les antagonistes 5-HT3 peuvent causer de la constipation, ce qui peut paradoxalement aggraver les nausées chez les patients parkinsoniens déjà prédisposés aux troubles gastro-intestinaux. 3
Troisième ligne : Antagonistes des récepteurs NK-1
Pour les nausées réfractaires :
L'aprépitant 80-125 mg par jour bloque la substance P dans le noyau du tractus solitaire et l'area postrema. 4, 2
Des essais contrôlés randomisés ont montré une amélioration des nausées et vomissements chez environ un tiers des patients, indépendamment de la présence d'un retard de vidange gastrique. 4
Options à éviter absolument
Le métoclopramide est contre-indiqué car il traverse la barrière hémato-encéphalique et bloque les récepteurs dopaminergiques centraux, aggravant les symptômes moteurs parkinsoniens. 1
La chlorpromazine est contre-indiquée dans la maladie de Parkinson en raison de ses puissants effets antidopaminergiques centraux. 1
La prochlorpérazine doit être évitée pour les mêmes raisons que les autres phénothiazines antipsychotiques. 4
Approches adjuvantes
Le gingembre 1 g deux fois par jour peut être utilisé comme traitement complémentaire avec un profil d'innocuité favorable. 4, 5
La menthe poivrée et la camomille peuvent également atténuer les nausées associées aux agonistes dopaminergiques. 5
Corriger toute déshydratation ou anomalie électrolytique sous-jacente qui pourrait contribuer aux nausées. 4
Algorithme décisionnel pratique
- Première intention : Dompéridone 10-20 mg TID-QID (si disponible)
- Si indisponible ou inefficace : Ondansétron 4-8 mg BID-TID ou granisétron 1 mg BID
- Si échec après 48 heures : Ajouter aprépitant 80 mg/jour
- Considérations adjuvantes : Gingembre, correction des facteurs métaboliques
Surveillance essentielle : Évaluer l'intervalle QTc lors de l'utilisation de dompéridone ou d'ondansétron, particulièrement en combinaison. 3