Gestion immédiate d'une dose unique d'halopéridol chez un patient parkinsonien
Arrêtez immédiatement l'halopéridol et ne l'utilisez plus jamais chez ce patient – l'halopéridol est absolument contre-indiqué dans la maladie de Parkinson car il bloque les récepteurs dopaminergiques D2 et aggravera dramatiquement les symptômes moteurs. 1
Pourquoi l'halopéridol est dangereux dans le Parkinson
- L'halopéridol antagonise les récepteurs dopaminergiques D2, le mécanisme exact opposé au traitement antiparkinsonien, et peut provoquer une rigidité marquée et une akinésie sévère même à faible dose. 2
- Les patients parkinsoniens traités avec des neuroleptiques antidopaminergiques développent une aggravation motrice rapide, avec apparition de rigidité et d'akinésie en quelques jours seulement. 2
- L'halopéridol peut également induire des complications comportementales chez 30% des patients parkinsoniens, incluant hallucinations visuelles, délires et états confusionnels. 3
Surveillance immédiate requise
- Évaluez l'état moteur du patient dans les 24-48 heures suivant l'administration pour détecter toute aggravation de la rigidité, de l'akinésie ou du tremblement. 2
- Surveillez l'apparition de symptômes neuropsychiatriques (confusion, hallucinations, agitation) qui peuvent survenir rapidement chez les patients parkinsoniens exposés aux antidopaminergiques. 3
- Contactez le neurologue traitant pour informer de l'exposition et ajuster si nécessaire le traitement antiparkinsonien. 4
Antiémétiques sûrs et recommandés pour les patients parkinsoniens
Première ligne : Antagonistes 5-HT3
- Ondansétron 4-8 mg IV/PO toutes les 8 heures est l'antiémétique de premier choix car il n'interfère pas avec les récepteurs dopaminergiques et ne provoque pas d'aggravation motrice. 5, 1
- Le granisétron 1 mg PO deux fois par jour ou le palonosétron 0.25 mg IV sont des alternatives efficaces de la même classe. 5
- Ces agents 5-HT3 sont sûrs chez les parkinsoniens mais nécessitent une surveillance ECG pour le QTc, particulièrement si le patient prend d'autres médicaments prolongeant le QT. 1, 6
Deuxième ligne : Dompéridone (si disponible)
- La dompéridone est un antagoniste dopaminergique périphérique qui ne traverse pas la barrière hémato-encéphalique et n'aggrave donc pas les symptômes parkinsoniens, contrairement au métoclopramide ou à l'halopéridol. 7
Agents adjuvants sûrs
- Lorazépam 0.5-1 mg PO/IV toutes les 4-6 heures peut être ajouté pour les nausées anticipatoires ou liées à l'anxiété sans risque d'aggravation motrice. 5, 1
- Dexaméthasone 4-8 mg IV/PO peut être combiné avec l'ondansétron pour les nausées réfractaires, offrant un mécanisme d'action complémentaire. 5
Agents à éviter absolument chez les parkinsoniens
- Métoclopramide : traverse la barrière hémato-encéphalique et bloque les récepteurs D2 centraux, aggravant le parkinsonisme. 1, 8
- Prochlorpérazine : phénothiazine antidopaminergique qui provoque rigidité et akinésie. 5
- Tous les neuroleptiques typiques (halopéridol, chlorpromazine) et la plupart des atypiques sont contre-indiqués. 1, 3
Algorithme de traitement des nausées chez le parkinsonien
- Première étape : Ondansétron 8 mg PO/IV toutes les 8 heures (maximum 24 mg/jour). 5, 1
- Si insuffisant après 24-48h : Ajouter dexaméthasone 4-8 mg PO/IV deux fois par jour. 5
- Si toujours réfractaire : Ajouter lorazépam 0.5-1 mg toutes les 4-6 heures pour la composante anxieuse. 5, 1
- Cas extrêmes : Olanzapine 5-10 mg PO peut être considéré avec prudence extrême et surveillance neurologique étroite, car il possède une activité antidopaminergique moindre que l'halopéridol mais peut quand même aggraver le parkinsonisme. 5
Pièges critiques à éviter
- Ne jamais substituer un antiémétique dopaminergique (métoclopramide, halopéridol, prochlorpérazine) chez un patient parkinsonien sans consultation neurologique préalable. 1, 8
- L'adhérence au schéma posologique des médicaments antiparkinsoniens est cruciale – toute perturbation peut aggraver les symptômes, particulièrement durant l'hospitalisation. 4
- Les patients âgés et ceux avec démence sous-jacente sont particulièrement vulnérables aux effets indésirables neuropsychiatriques des agents antidopaminergiques. 3