Signification d'un signe de Babinski positif
Un signe de Babinski positif indique une dysfonction du faisceau pyramidal (voie corticospinale) et constitue un marqueur fiable d'atteinte du système moteur central.
Signification clinique
Le signe de Babinski, décrit par Joseph Babinski en 1896, se manifeste par une dorsiflexion du gros orteil (extension) avec ou sans écartement des autres orteils lors de la stimulation de la plante du pied. Ce signe pathologique révèle une interruption ou dysfonction des fibres pyramidales qui projettent sur les motoneurones des muscles du pied 1, 2, 3.
Mécanisme physiopathologique
- Le signe de Babinski n'est pas un nouveau réflexe, mais plutôt une libération d'un réflexe de défense primitif suite à la rupture de l'intégration harmonieuse entre les composantes de flexion et d'extension du mécanisme réflexe normal de défense 4
- Il est médié par le muscle long extenseur de l'hallux (extensor hallucis longus) 3
- Le signe émerge lorsque la dysfonction du faisceau pyramidal implique les fibres qui projettent sur les motoneurones des muscles du pied 3
Contextes cliniques
Le signe de Babinski positif peut être observé dans plusieurs situations pathologiques :
Encéphalopathie hépatique
Dans l'encéphalopathie hépatique, les anomalies du système moteur incluent l'hypertonie, l'hyperréflexie et un signe de Babinski positif chez les patients non comateux 1. Ces signes pyramidaux peuvent persister même lorsque les réflexes tendineux profonds diminuent ou disparaissent.
Syndrome malin des neuroleptiques
Un signe de Babinski positif peut apparaître parmi les signes neurologiques ou neuromusculaires moins fréquents du syndrome malin des neuroleptiques, accompagnant la rigidité, l'akinésie et les tremblements 2.
Infarctus cérébral avec œdème
Dans les infarctus hémisphériques avec œdème, un signe de Babinski controlatéral à l'hémiplégie peut survenir en raison de l'encoche du tronc cérébral contre le tentorium 5.
Caractéristiques diagnostiques importantes
Performance diagnostique
- Spécificité élevée : 99% (IC 95% : 97,7-100) pour identifier une dysfonction du faisceau pyramidal 6
- Sensibilité faible : 50,8% (IC 95% : 41,5-60,1) 6
- Rapport de vraisemblance positif : 51,8 (IC 95% : 16,6-161,2) 6
Ceci signifie que la présence du signe de Babinski confirme fortement une atteinte pyramidale, mais son absence n'exclut pas cette atteinte 6, 7.
Variabilité inter-observateurs
La fiabilité inter-observateurs est modérée (kappa 0,30 à 0,73), ce qui souligne l'importance d'une technique d'élicitation standardisée 6, 7.
Pièges à éviter
- Ne pas confondre avec une simple dorsiflexion des orteils qui ne fait pas partie du synergisme de flexion pathologique 4
- Le signe peut être temporairement absent après des lésions transverses aiguës de la moelle épinière ou des lésions cérébrales aiguës en raison de l'inexcitabilité temporaire des motoneurones spinaux 3
- Les "formes frustes" du réflexe existent, et le signe peut occasionnellement être absent chez des patients présentant d'autres signes cliniques de lésions pyramidales 3
- Le signe de Babinski est physiologique chez le nourrisson et disparaît normalement avec la maturation du système nerveux 3