Différencier l'obésité avec excès de tissus adipeux augmentant la production d'androgènes d'un SOPK sans anomalie écho pelvienne
La prise en charge de l'obésité avec augmentation de la production d'androgènes doit se concentrer sur la perte de poids progressive de 5-15% sur 6 mois via des modifications du mode de vie, ce qui peut normaliser les niveaux d'androgènes sans nécessiter de traitement spécifique pour un SOPK. 1
Diagnostic différentiel
Caractéristiques communes
- Production excessive d'androgènes dans les deux conditions
- Manifestations cliniques similaires (hirsutisme, acné, alopécie)
- Troubles métaboliques associés
Éléments distinctifs
Obésité avec hyperandrogénie simple:
- Normalisation des androgènes après perte de poids significative
- Absence d'anomalies ovariennes à l'échographie
- Distribution de graisse typiquement androïde (partie supérieure du corps)
- Augmentation de l'aromatisation périphérique des androgènes en œstrogènes 2
SOPK classique:
- Persistance des anomalies hormonales malgré la perte de poids
- Présence fréquente (mais pas obligatoire) d'anomalies ovariennes
- Troubles menstruels persistants
- Résistance à l'insuline plus marquée
Évaluation clinique
Évaluation anthropométrique:
- Mesure du BMI (IMC)
- Mesure du tour de taille (indicateur de l'adiposité abdominale)
- Rapport taille/hanches (>0,85 suggère une obésité androïde) 2
Évaluation biologique:
- Testostérone totale et libre
- SHBG (souvent diminuée dans l'obésité)
- Indice d'androgènes libres (FAI)
- Androstènedione
- Profil glycémique et insulinémique
Évaluation des complications métaboliques:
- Bilan lipidique
- Glycémie à jeun et HbA1c
- Tension artérielle
Prise en charge de l'obésité avec hyperandrogénie
1. Modifications du mode de vie
Régime alimentaire:
Activité physique:
Modifications comportementales:
2. Pharmacothérapie
Envisager un traitement médicamenteux si:
- IMC ≥30 kg/m² sans comorbidités, ou
- IMC ≥27 kg/m² avec au moins une complication liée à l'obésité 1
Options médicamenteuses:
- Agonistes des récepteurs GLP-1 (sémaglutide, liraglutide): perte de poids de 8-15%
- Tirzépatide (agoniste GIP/GLP-1): perte de poids moyenne de 21% en 72 semaines
- Phentermine-topiramate: perte de poids significative 1
3. Chirurgie bariatrique
À considérer pour les patients avec:
- IMC ≥40 kg/m², ou
- IMC ≥35 kg/m² avec comorbidités liées à l'obésité 1
Procédures disponibles:
- Sleeve gastrectomie
- Bypass gastrique Roux-en-Y
- Dérivation biliopancréatique avec/sans switch duodénal 1
Suivi et évaluation
Objectifs de perte de poids:
Surveillance hormonale:
- Réévaluation des niveaux d'androgènes après 3-6 mois de perte de poids
- Suivi de la SHBG qui devrait augmenter avec la perte de poids 4
Suivi régulier:
Points importants à retenir
- L'excès d'androgènes associé à l'obésité peut se résoudre complètement après une perte de poids significative, suggérant l'existence d'un "SOPK secondaire à l'obésité" 5
- L'obésité androïde (partie supérieure du corps) est plus fortement associée à l'hyperandrogénie que l'obésité gynoïde (partie inférieure) 2
- Un régime à faible index glycémique avec des éléments anti-inflammatoires peut réduire l'indice d'androgènes libres et améliorer les symptômes cliniques d'hyperandrogénie 4
- L'approche thérapeutique doit être multidisciplinaire, impliquant médecins, nutritionnistes et spécialistes de l'activité physique 6
En conclusion, la distinction entre une obésité avec hyperandrogénie et un SOPK sans anomalie échographique repose principalement sur la réponse à la perte de poids. Une normalisation des niveaux d'androgènes après une perte de poids significative suggère que l'hyperandrogénie était secondaire à l'obésité plutôt qu'à un SOPK primaire.