Modalités d'imagerie optimales pour l'investigation du cancer du foie
L'IRM avec agent de contraste extracellulaire est la modalité d'imagerie la plus précise pour l'investigation du cancer du foie, offrant une sensibilité de 83,1% et une précision de 86,6%, supérieures à celles du scanner et de l'IRM avec agents hépatobiliaires. 1
Hiérarchie des modalités d'imagerie pour le diagnostic du cancer hépatique
Première ligne d'investigation
- L'échographie abdominale est recommandée comme examen initial de dépistage chez les patients à risque de cancer du foie en raison de sa disponibilité, son coût modéré et l'absence de radiation ionisante 2
- Pour les nodules détectés à l'échographie, la suite de l'investigation dépend de la taille de la lésion 3:
- Nodules <1 cm: suivi échographique tous les 3-4 mois
- Nodules 1-2 cm: évaluation avec deux modalités d'imagerie différentes
- Nodules >2 cm: évaluation avec une seule modalité d'imagerie avancée
Modalités d'imagerie avancées (par ordre d'efficacité)
- IRM avec agent de contraste extracellulaire (ECA-IRM): sensibilité de 83,1% et précision de 86,6% 1
- IRM avec agent hépatobiliaire (HBA-IRM): sensibilité de 71,2% et précision de 76,5% 1
- Scanner multiphasique: sensibilité de 64,4% et précision de 71,8% 1
- La combinaison du scanner avec l'IRM améliore significativement les performances diagnostiques par rapport à l'IRM seule 1
Caractéristiques diagnostiques clés en imagerie
Les hallmarks radiologiques du carcinome hépatocellulaire (CHC) incluent 3:
- Hypervascularisation en phase artérielle
- Phénomène de "washout" (lavage) en phase portale, tardive ou hépatobiliaire
L'IRM avec agent de contraste extracellulaire est supérieure pour identifier 1:
- L'hypervascularisation artérielle (97,6% vs 81,5% pour le scanner)
- La capsule rehaussée (85,5% vs 33,9% pour le scanner)
L'échographie de contraste (CEUS) peut être utilisée comme examen de seconde ligne avec une sensibilité de 84% et une valeur prédictive positive de 89% 3
Algorithme décisionnel pour l'investigation du cancer hépatique
- Échographie abdominale initiale pour tous les patients suspects 2
- En fonction de la taille des nodules détectés 3:
- <1 cm: suivi échographique tous les 3-4 mois
- 1-2 cm: procéder à deux examens d'imagerie avancés (préférablement IRM avec agent de contraste extracellulaire + scanner)
2 cm: un seul examen d'imagerie avancé (préférablement IRM avec agent de contraste extracellulaire)
- Si résultats équivoques: considérer l'échographie de contraste ou la biopsie 3
Points importants à considérer
- L'IRM est particulièrement utile pour la caractérisation des masses hépatiques indéterminées 4
- Les lésions bénignes sont plus fréquentes que les métastases, même chez les patients avec une malignité connue (51% à 80% des lésions <1-1,5 cm sont bénignes) 3
- L'échographie peropératoire est la technique la plus précise pour détecter les métastases hépatiques au moment de la résection tumorale primaire 3
- La disponibilité locale des équipements, l'expertise radiologique, et les facteurs liés au patient (insuffisance rénale, stimulateurs cardiaques, allergies aux produits de contraste) influencent le choix des modalités d'imagerie 3
Pièges à éviter
- Ne pas se fier uniquement aux résultats de l'échographie pour un diagnostic définitif de lésions malignes 2
- Être prudent chez les patients atteints de cirrhose due à des troubles vasculaires (syndrome de Budd-Chiari) ou à une maladie hépatique associée à Fontan, car ces conditions sont souvent accompagnées de nodules hyperplasiques bénins qui peuvent imiter le CHC à l'imagerie 3
- Ne pas négliger la nécessité de tests de laboratoire en conjonction avec l'imagerie pour déterminer la cause de l'hépatomégalie 2