Recommandations canadiennes pour le dépistage du cancer de la prostate par l'antigène prostatique spécifique (APS)
Le Groupe d'étude canadien sur les soins de santé préventifs recommande contre l'utilisation systématique de l'APS ou de l'échographie transrectale dans le cadre de l'examen périodique de santé, tout en reconnaissant les limites du toucher rectal (TR). 1
Approche basée sur la prise de décision partagée
- En 1994, le Groupe d'étude canadien sur les soins de santé préventifs a recommandé contre l'utilisation systématique de l'APS comme méthode de dépistage de routine 1
- Les recommandations canadiennes soulignent l'importance d'une discussion approfondie entre le médecin et le patient concernant les avantages potentiels mais incertains et les risques possibles du dépistage du cancer de la prostate 1
- Les hommes doivent être informés des lacunes dans les preuves scientifiques et être aidés à considérer leurs préférences personnelles et leur profil de risque avant de décider de subir un test 1, 2
Populations cibles et âges recommandés
- Si la détection précoce améliore les résultats de santé, la population la plus susceptible de bénéficier du dépistage sera:
- Les avantages peuvent être moindres chez les personnes d'origine asiatique, hispanique et d'autres groupes raciaux et ethniques qui présentent un risque plus faible de cancer de la prostate 1
- Les hommes plus âgés et ceux présentant d'autres problèmes médicaux importants avec une espérance de vie inférieure à 10 ans sont peu susceptibles de bénéficier du dépistage 1
Considérations techniques pour le test APS
- Le test APS est plus sensible que le TR pour la détection du cancer de la prostate 1
- Le dépistage par APS avec un seuil conventionnel de 4,0 ng/dL détecte une grande majorité des cancers de la prostate; cependant, un pourcentage significatif de cancers précoces (10% à 20%) ne sera pas détecté par le test APS seul 1
- L'utilisation d'un seuil inférieur pour définir un niveau d'APS anormal détecte plus de cas de cancer au prix de plus de résultats faux positifs et de biopsies 1
Intervalles de dépistage
- Le rendement du dépistage en termes de cancer détecté diminue rapidement avec des tests annuels répétés 1
- Si le dépistage devait réduire la mortalité, un dépistage biennal par APS pourrait produire autant de bénéfices qu'un dépistage annuel 1, 4
- Les taux de dépistage par APS ont généralement augmenté depuis 2000/2001 au Canada, malgré les recommandations mitigées 5
Facteurs associés au dépistage au Canada
- Les facteurs positivement associés au dépistage par APS au cours de la vie chez les hommes de tous âges étaient:
- Avoir eu un toucher rectal
- Avoir un médecin régulier
- Avoir eu un examen colorectal 5
- Une consommation de fruits et légumes et le statut de non-fumeur étaient positivement associés au dépistage par APS chez les hommes de moins de 50 ans 5
- Un revenu élevé et la présence de conditions de santé chroniques étaient positivement associés au dépistage par APS chez les hommes de 50 ans et plus 5
Évolution des recommandations
- Les recommandations canadiennes sont en cours de mise à jour depuis les directives initiales de 1994 1
- Les directives récentes du NCCN (National Comprehensive Cancer Network) recommandent de commencer le dépistage de base à l'âge de 45 ans, ce qui est plus jeune que les recommandations énoncées dans d'autres directives 1, 3
- Les hommes ayant des antécédents de cancer (non prostatique) sont plus susceptibles de subir un test d'APS que les hommes sans antécédents de cancer 6
Pièges courants à éviter
- Commencer le dépistage trop tard peut faire manquer des occasions d'identifier des cancers agressifs lorsqu'ils sont encore curables 3
- Ne pas tenir compte des facteurs de risque (race, antécédents familiaux) lors de la détermination de l'âge d'initiation du dépistage 3
- Poursuivre le dépistage au-delà de 70 ans chez les hommes ayant une espérance de vie limitée augmente les préjudices sans avantage clair 3, 7
- Ne pas avoir de discussions éclairées sur les avantages et les limites du dépistage par APS 3