Critères diagnostiques et traitement de la vessie hyperactive
Le diagnostic de la vessie hyperactive repose sur une évaluation clinique comprenant une anamnèse complète des symptômes vésicaux, un examen physique et une analyse d'urine pour exclure une microhématurie et une infection. 1
Critères diagnostiques
Évaluation initiale
- L'anamnèse doit documenter les symptômes caractéristiques de la vessie hyperactive: urgence mictionnelle, fréquence, nycturie, avec ou sans incontinence urinaire par urgence 1, 2
- L'examen physique doit inclure un examen abdominal pour évaluer la distension ou la sensibilité, et un examen rectal/génito-urinaire pour évaluer la taille de la prostate chez les hommes et le prolapsus des organes pelviens chez les femmes 3
- Une analyse d'urine est obligatoire pour exclure une infection urinaire et une hématurie 1
- La mesure du résidu post-mictionnel (RPM) doit être effectuée chez les patients présentant des symptômes de vidange concomitants, des antécédents de rétention urinaire, des troubles neurologiques, une prostate élargie, ou un diabète de longue date 1, 3
Outils diagnostiques complémentaires
- Les questionnaires de symptômes validés peuvent être utilisés pour quantifier les symptômes vésicaux et leur impact sur la qualité de vie 1
- Un journal mictionnel de 24 à 72 heures enregistrant les apports liquidiens et les mictions peut fournir des données objectives sur les habitudes mictionnelles et aider à distinguer la vessie hyperactive de la polyurie nocturne 1, 3
Options de traitement
Approche thérapeutique
L'Association américaine d'urologie (AUA) recommande une approche personnalisée plutôt qu'un traitement progressif, en utilisant plusieurs catégories de traitement simultanément selon les besoins du patient 1:
Thérapies comportementales (première ligne)
- Entraînement vésical avec mictions programmées et extension progressive des intervalles entre les mictions 2, 4
- Exercices des muscles du plancher pelvien pour améliorer les techniques de suppression de l'urgence 2, 4
- Gestion des liquides, y compris l'optimisation du moment et du volume des apports liquidiens 2, 4
- Évitement des irritants vésicaux (caféine, alcool) 1, 4
- Perte de poids pour les patients obèses, visant une réduction de 8% du poids corporel 4
Thérapies pharmacologiques (deuxième ligne)
- Les agonistes bêta-3 adrénergiques (mirabégron) sont recommandés en raison de leur risque cognitif plus faible 4, 5
- Les médicaments antimuscariniques (darifénacine, fésotérodine, oxybutynine, solifénacine, toltérodine, trospium) sont des alternatives de deuxième ligne 4
- Précautions avec les antimuscariniques:
Thérapies mini-invasives
- Injection de toxine botulique dans la vessie 1
- Neuromodulation sacrée 1
- Stimulation du nerf tibial postérieur (percutanée ou implantable) 1
- Acupuncture 1
Thérapies invasives
Points importants à considérer
- La plupart des patients connaissent une réduction significative des symptômes plutôt qu'une résolution complète avec le traitement 4
- La combinaison de thérapies comportementales et pharmacologiques peut offrir de meilleurs résultats que l'une ou l'autre seule 4
- Les tests avancés comme l'urodynamique, la cystoscopie et l'imagerie des voies urinaires ne doivent pas être effectués systématiquement dans l'évaluation initiale des troubles vésicaux non compliqués 3
- L'efficacité du mirabégron 25 mg a été démontrée dans les 8 semaines et celle du mirabégron 50 mg dans les 4 semaines, avec un maintien de l'efficacité pendant toute la période de traitement de 12 semaines 5