Traitement de la Crise de Goutte
Pour une crise de goutte avec symptômes depuis une semaine, le traitement recommandé est la colchicine à faible dose, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ou les corticostéroïdes, selon les comorbidités et les contre-indications du patient.
Options de traitement de première ligne
- La colchicine est efficace lorsqu'elle est administrée dans les 12 heures suivant l'apparition des symptômes, à une dose de charge de 1 mg suivie 1 heure plus tard de 0,5 mg le premier jour 1
- Les AINS à dose complète approuvée pour le traitement de la douleur aiguë sont recommandés et doivent être poursuivis jusqu'à résolution complète de la crise 1
- Les corticostéroïdes oraux (30-35 mg/jour de prednisolone ou équivalent pendant 3-5 jours) constituent une alternative efficace, particulièrement chez les patients présentant des contre-indications aux AINS ou à la colchicine 1
- L'aspiration articulaire et l'injection intra-articulaire de corticostéroïdes sont recommandées pour les crises monoarticulaires ou oligoarticulaires 1
Facteurs influençant le choix du traitement
- Le choix du médicament doit être basé sur les contre-indications, l'expérience antérieure du patient avec les traitements, le délai depuis l'apparition des symptômes et le nombre/type d'articulations touchées 1
- La colchicine et les AINS doivent être évités chez les patients souffrant d'insuffisance rénale sévère 1
- La colchicine ne doit pas être administrée aux patients recevant des inhibiteurs puissants de la P-glycoprotéine et/ou du CYP3A4 comme la cyclosporine ou la clarithromycine 1
- Pour les patients présentant une crise de goutte particulièrement sévère impliquant plusieurs articulations, une thérapie combinée (colchicine + AINS ou colchicine + corticostéroïdes) peut être envisagée 1
Traitement à long terme
- Après la résolution de la crise aiguë, envisager un traitement hypouricémiant (ULT) pour prévenir les récidives 1
- L'allopurinol est recommandé comme agent de première ligne pour tous les patients, y compris ceux atteints d'insuffisance rénale chronique de stade ≥3 1
- L'allopurinol doit être démarré à faible dose (100 mg/jour, moins en cas d'insuffisance rénale) avec augmentation progressive pour atteindre un taux d'acide urique sérique <6 mg/dL 1, 2
- Une prophylaxie anti-inflammatoire concomitante (colchicine, AINS ou corticostéroïdes à faible dose) est fortement recommandée lors de l'initiation d'un traitement hypouricémiant pour prévenir les crises 1
Points importants et pièges à éviter
- Le déterminant le plus important du succès thérapeutique n'est pas le choix de l'agent anti-inflammatoire, mais la rapidité d'initiation du traitement 3, 4
- L'utilisation de l'approche "pilule dans la poche" est recommandée pour les patients bien informés afin qu'ils puissent s'auto-médicamenter dès les premiers symptômes d'avertissement 1
- Ne pas interrompre le traitement hypouricémiant en cours pendant une crise aiguë de goutte 1, 5
- Éviter les schémas traditionnels de colchicine à haute dose qui peuvent entraîner une incidence élevée d'effets secondaires marqués; les schémas à faible dose sont désormais recommandés 1, 6
Mesures non pharmacologiques
- Repos de l'articulation enflammée 7
- Application de glace ou de compresses froides sur l'articulation affectée 1, 7
- Conseiller un mode de vie sain: perte de poids si nécessaire, éviter l'alcool (surtout la bière et les spiritueux) et les boissons sucrées, limiter la consommation excessive de viande et de fruits de mer 1, 5
Le traitement rapide et approprié de la crise aiguë de goutte est essentiel pour soulager la douleur et l'inflammation, tandis que le traitement à long terme vise à prévenir les récidives et les complications chroniques de la maladie.