Posologie de la morphine pour la gestion de la douleur
La morphine orale est le médicament de premier choix pour les douleurs modérées à sévères, avec une dose initiale recommandée de 20-40 mg par jour pour les patients sans traitement préalable, sans limite supérieure de dose quotidienne. 1
Doses recommandées selon la voie d'administration
- La morphine par voie orale (sulfate de morphine) est recommandée à une dose initiale de 20-40 mg par jour pour les patients sans traitement préalable 1
- La morphine par voie parentérale (intraveineuse) est recommandée à une dose initiale de 5-10 mg, avec une puissance relative trois fois supérieure à celle de la morphine orale 1
- Pour la conversion de la morphine orale à parentérale, la dose doit être divisée par trois pour obtenir un effet équianalgésique approximatif 1
- Le rapport de puissance relative entre la morphine orale et parentérale (sous-cutanée ou intraveineuse) est généralement entre 1:2 et 1:3 1
Titration et ajustement posologique
- Les patients présentant des douleurs sévères nécessitant un soulagement urgent doivent être traités et titrés avec des opioïdes parentéraux, généralement administrés par voie sous-cutanée ou intraveineuse 1
- La dose doit être ajustée en fonction de la gravité de la douleur, de la survenue d'événements indésirables, ainsi que de la maladie sous-jacente, de l'âge et de la taille du patient 2
- Pour l'administration intraveineuse directe, la dose initiale habituelle chez l'adulte est de 0,1 mg à 0,2 mg par kg toutes les 4 heures selon les besoins 2
Considérations spéciales
- En présence d'insuffisance rénale, tous les opioïdes doivent être utilisés avec prudence et à des doses et fréquences réduites 1
- La buprénorphine est l'opioïde le plus sûr chez les patients atteints d'insuffisance rénale chronique de stade 4 ou 5 (débit de filtration glomérulaire estimé < 30 ml/min) 1
- Les patients dont la douleur reste insuffisamment soulagée peuvent bénéficier de traitements anesthésiques ou neurochirurgicaux invasifs 1
- La douleur neuropathique causée par une infiltration tumorale ou due à une polyneuropathie paranéoplasique ou induite par un traitement peut ne pas être adéquatement contrôlée par les opioïdes seuls 1
Effets indésirables et précautions
- Les effets indésirables les plus graves sont la dépression respiratoire, l'apnée, la dépression circulatoire, l'arrêt respiratoire, le choc et l'arrêt cardiaque 2
- Les effets indésirables fréquemment observés comprennent la sédation, les étourdissements, les nausées, les vomissements et la constipation 2
- L'administration rapide par voie intraveineuse peut entraîner une rigidité de la paroi thoracique 2
- Des doses élevées peuvent être excitatoires, entraînant des convulsions ou une hyperactivité sympathique avec augmentation des catécholamines circulantes 2
Équivalences et conversions
- La morphine orale est considérée comme la référence (puissance relative = 1) 1
- La morphine parentérale a une puissance relative trois fois supérieure à celle de la morphine orale 1
- L'oxycodone orale a une puissance relative 1,5 à 2 fois supérieure à celle de la morphine orale 1
- La méthadone orale a une puissance relative variable (4 à 12 fois celle de la morphine orale) selon la dose quotidienne de morphine 1
La morphine reste un analgésique efficace pour la gestion de la douleur, mais son utilisation nécessite une surveillance attentive des effets indésirables et des ajustements posologiques individualisés pour optimiser le soulagement de la douleur tout en minimisant les risques.