Traitement de la Lombosciatique
Le traitement de première intention pour la lombosciatique devrait comprendre des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et le maintien de l'activité physique plutôt que le repos au lit. 1, 2
Traitements non pharmacologiques
- Encourager les patients à rester actifs plutôt que de se reposer au lit, car cette approche est plus efficace pour gérer la douleur radiculaire 3, 1
- Si des périodes de repos au lit sont nécessaires pour soulager les symptômes sévères, encourager le retour aux activités normales dès que possible 3, 1
- Appliquer de la chaleur à l'aide de coussins chauffants ou de couvertures chauffées pour un soulagement à court terme 1, 2
- Recommander la physiothérapie avec des programmes d'exercices individualisés comprenant supervision, étirements et renforcement musculaire 1, 2
- La manipulation vertébrale administrée par des professionnels ayant une formation appropriée peut apporter des bénéfices modérés à court terme pour la douleur sciatique aiguë 1
Traitements pharmacologiques
Première ligne
- Les AINS sont recommandés comme traitement médicamenteux de première intention pour les patients souffrant de douleur sciatique 1, 2
- L'acétaminophène (paracétamol) peut être considéré comme une alternative aux AINS, en particulier chez les patients présentant des risques gastro-intestinaux, rénaux ou cardiovasculaires 1, 2
- Pour les patients présentant des spasmes musculaires, les relaxants musculaires (comme la cyclobenzaprine) peuvent être ajoutés pour un soulagement à court terme 1, 4
Deuxième ligne
- Pour les patients présentant une composante neuropathique de la douleur, la gabapentine peut apporter des bénéfices modestes à court terme 1, 5
- Les antidépresseurs tricycliques (comme l'amitriptyline) peuvent être envisagés pour les patients souffrant de douleur chronique sans contre-indications 1, 5
Interventions procédurales
- Les injections épidurales de stéroïdes peuvent être envisagées pour les patients présentant des symptômes radiculaires persistants malgré un traitement conservateur 1
- L'ablation par radiofréquence peut être considérée pour certains types de douleurs rachidiennes spécifiques 1
Considérations chirurgicales
- La chirurgie (discectomie) devrait être envisagée pour les patients présentant des symptômes persistants qui n'ont pas répondu au traitement conservateur 1, 2
- Les preuves suggèrent que la discectomie est efficace à court terme, mais à long terme, elle n'est pas plus efficace qu'un traitement conservateur prolongé 2, 6
Points importants et pièges à éviter
- Éviter le repos au lit prolongé car il peut entraîner un déconditionnement et potentiellement aggraver les symptômes 3, 1
- L'imagerie systématique n'est pas recommandée pour l'évaluation initiale, sauf en présence de signaux d'alerte suggérant des conditions sous-jacentes graves (syndrome de la queue de cheval, déficits neurologiques progressifs, infection suspectée ou malignité) 1
- Les corticostéroïdes systémiques ne sont pas recommandés car ils n'ont pas démontré d'efficacité supérieure au placebo 1
- Les AINS doivent être utilisés avec prudence chez les patients âgés et ceux présentant des facteurs de risque cardiovasculaires, rénaux ou gastro-intestinaux 1, 7
- Les traitements médicamenteux prolongés devraient être réservés aux patients montrant clairement des bénéfices continus sans effets indésirables majeurs 1
- Les résultats d'IRM, comme les disques bombés, peuvent être non spécifiques et doivent être corrélés avec les symptômes cliniques 1
Algorithme de traitement
- Débuter avec des AINS (si pas de contre-indications) et encourager l'activité physique 1, 2
- Ajouter l'application de chaleur et des relaxants musculaires si spasmes présents 1, 4
- Si la douleur persiste après 2-4 semaines, envisager la physiothérapie et des médicaments de deuxième ligne 1, 2
- Pour les symptômes persistants après 6-8 semaines de traitement conservateur, envisager l'imagerie et les interventions procédurales 1
- Envisager la chirurgie uniquement après échec du traitement conservateur, sauf en cas de déficits neurologiques progressifs ou de syndrome de la queue de cheval 1, 2