Approche de la calprotectine fécale élevée
Chez les patients présentant une calprotectine fécale élevée (>150 μg/g), l'approche thérapeutique dépend de la sévérité des symptômes : ajustement empirique du traitement pour les symptômes modérés à sévères, et évaluation endoscopique avant modification thérapeutique pour les symptômes légers. 1
Algorithme de prise en charge selon la sévérité clinique
Patients avec symptômes modérés à sévères ET calprotectine >150 μg/g
Ajustement thérapeutique sans endoscopie préalable : Chez les patients présentant des saignements rectaux fréquents et une augmentation significative de la fréquence des selles, une calprotectine >150 μg/g indique de manière fiable une inflammation endoscopique modérée à sévère, permettant d'initier ou d'ajuster le traitement sans évaluation endoscopique systématique 2, 1
Initiation du traitement approprié : Le traitement doit être adapté au type et à la sévérité de la maladie inflammatoire intestinale (MICI), incluant les thérapies biologiques, les inhibiteurs de petites molécules, ou les aminosalicylates selon le contexte clinique 1
Patients avec symptômes légers ET calprotectine >150 μg/g
Évaluation endoscopique recommandée avant ajustement thérapeutique : Chez les patients avec saignements rectaux peu fréquents ou augmentation modérée de la fréquence des selles, une calprotectine >150 μg/g ne prédit pas de manière fiable une inflammation endoscopique modérée à sévère 2
Taux de faux positifs significatifs : Dans ce scénario de probabilité intermédiaire, environ 15,5% des patients avec calprotectine >150 μg/g peuvent être incorrectement classés comme ayant une inflammation sévère alors qu'ils présentent une amélioration endoscopique 2
Exception clinique importante : Chez les patients ayant récemment bénéficié d'un ajustement thérapeutique pour une poussée modérée à sévère et présentant maintenant des symptômes résiduels légers, les marqueurs inflammatoires élevés peuvent guider les ajustements de dose sans endoscopie 2
Patients en rémission symptomatique avec calprotectine <150 μg/g
Aucune intervention nécessaire : Une calprotectine <150 μg/g indique l'absence d'inflammation active et ne nécessite pas de modification thérapeutique 1
Surveillance continue : Le monitoring par calprotectine fécale permet de détecter précocement les rechutes avec une sensibilité et spécificité supérieures à 85% chez les patients en rémission 3
Surveillance post-thérapeutique
Réévaluation à 2-4 mois : La mesure répétée de la calprotectine fécale est recommandée 2 à 4 mois après l'initiation ou l'ajustement du traitement pour monitorer la réponse thérapeutique 1
Confirmation endoscopique de la cicatrisation muqueuse : Une évaluation endoscopique à 6-12 mois après l'initiation du traitement est recommandée pour confirmer la cicatrisation muqueuse 1
Pièges cliniques à éviter
Ne pas confondre avec le syndrome de l'intestin irritable : La calprotectine fécale différencie de manière fiable les MICI du syndrome de l'intestin irritable, avec une élévation chez plus de 95% des patients atteints de MICI 3, 4
Considérer les autres causes d'élévation : Des concentrations élevées peuvent également être observées dans les entéropathies induites par les AINS, les infections gastro-intestinales, et le cancer colorectal 3, 5
Attention aux variations entre les tests : Les seuils optimaux et les performances diagnostiques diffèrent selon les méthodes d'analyse utilisées, nécessitant une interprétation dans le contexte clinique spécifique 6
Interprétation selon le contexte clinique : L'interprétation de la concentration doit toujours tenir compte de l'histoire clinique et des symptômes spécifiques de chaque patient 5